• LE CRIME DE L'AVENUE D'EPREMESNIL

     

     

    A l’époque où le crime ne revêtait pas la banalité d’aujourd’hui, Chatou fut le théâtre d'un assassinat resté célèbre par le couple Fenayrou.

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    En haut, le pharmacien Aubert, assassiné, en-dessous, le couple Fenayrou en première page du "Journal Illustré"

     

     

    "M. Aubert était un brave garçon, laborieux, intelligent, qui , grâce à ses efforts persévérants avait relevé une pharmacie qui était presque sans clientèle au moment où il l’avait achetée.

    Il se trouvait dans une situation satisfaisante et désirait se marier. Aussi tenait-il à en finir avec une liaison que probablement il n’avait point provoquée. ; mais la jalousie de Madame Fenayrou n’a joué aucun rôle dans le crime.

     

    Cette odieuse créature est arrivée peu à peu à faire les aveux les plus complets. Elle a raconté la scène du meurtre telle qu’elle s’est produite. Son mari, son beau-frère et elle avaient dîné au restaurant du Père Lathuile, un dîner qui a coûté 45 francs.

    Après le dîner , Fenayrou et l’ouvrier tabletier partirent pour Chatou par le train de 7 heures. Elle, elle attendit Aubert, comme on sait, après être entrée une demi-heure à l’Eglise Saint-Louis d’Antin.

    Aubert hésitait à raccompagner Madame Fenayrou, et il fallut tout le charme qu’elle exerçait sur lui pour le décider à la suivre.

    Tout était si bien préparé pour le crime que, la veille, elle était allée à Chatou, et , entre autres objets, avait apporté une serviette, qu’elle avait déchirée en deux pour servir de baillon à son amant.

    Aubert entra dans la maison, tenant une alllumette-bougie. Dans la première pièce, il n’y avait personne.

     

    Mais, dans le salon, Fenayrou et son frère l’attendaient. Ils voulurent lui faire signer des billets pour une certaine somme. Aubert refusa.

     

    C’est alors qu’il reçut le coup de marteau.Madame Fenayrou dit qu’elle n’a pas assisté aux tortures que les assassins ont fait subir à Aubert.

    Ces tortures, affirment-elles, ont duré trois quarts d’heure !

    Un détail épouvantable a été donné par elle. Lorsque les forces du malheureux pharmacien s’épuisaient, les meurtriers lui faisaient prendre un cordial, afin de ranimer un moment ses forces et de le faire souffrir d’avantage.

     

    L’infortuné Aubert avait longtemps hésité à la gare Saint-Lazare au moment de prendre les billets : « je l’ai tant cajolé, a répété la Fenayrou au juge d’instruction, que je l’ai forcé à me suivre. »

    On s’est demandé ce qui se serait passé si Aubert avait signé les billets. Evidemment, il eût été assassiné quand même ; les précautions prises en sont la preuve. Les criminels ne se seraient pas exposés à une dénonciation. »"

     

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    Gravure du Journal Illustré par Henri Meyer - 25 juin 1882 : la maison du crime 4 avenue d'Eprémesnil. En bas à gauche, les assassins jettent le cadavre du pharmacien Aubert dans la Seine du haut de l'ancien pont routier de Chatou

     

    Source : Le Journal Illustré - 25 juin 1882

    http://chatounotreville.hautetfort.com/index-16.html

     

     

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    La véritable histoire de Rosemary Kennedy

    La plus célèbre dynastie de l'histoire américaine a encore des secrets. Deux livres à paraître en révèlent un de taille : la vérité sur la vie tragique de Rosemary Kennedy, une des sœurs de JFK.

    Réduite à l'âge mental d’un enfant en bas âge suite à une lobotomie désastreuse, elle a été exilée dans un couvent du Wisconsin, exclue du monde et même de sa famille durant des années.

     

    Elle est surnommée «la fille cachée» des Kennedy. On connaissait pourtant son existence, mais Rosemary Kennedy, l’une des sœurs de John Fitzgerald Kennedy, a volontairement été laissée dans l’ombre toute sa vie, et son histoire a été cachée au monde.

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    Et pour cause : sa vie est certainement la plus tragique de la dynastie aux multiples tragédies. Deux livres à paraître – «The Missing Kennedy», d’Elizabeth Koehler-Pentacoff, et «Rosemary: The Hidden Kennedy Daughter», de Kate Clifford Larson- la révèlent, et le magazine américain «People» en dévoile une partie. «Rosie» Kennedy, fille de Joseph Patrick Kennedy et de Rose Fitzgerald Kennedy, est née le 13 septembre 1918 dans le Massachusetts.

    Elle est le troisième enfant et la première fille de la fratrie de neuf : «Joe Jr», mort en mission au dessus de la Manche en 1944 ; JFK, assassiné en 1963 ;

    Rosemary, décédée de mort naturelle en 2005 ; Kathleen, morte dans un accident d’avion en 1948 ; Eunice, qui a succombé à un AVC en 2009 ; Patricia, emportée par une pneumonie en 2006 ; Bob, assassiné en 1968 ; Jean, la dernière survivante ; et Ted, mort d’un cancer en 2009.

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    La famille Kennedy au complet en 1938 (Rosemary est en haut à gauche).© UPPA/Photoshot/ABACA

    Pendant longtemps, Rosemary a été considérée comme vivant sa vie d’institutrice dans le Wisconsin (elle a réellement été diplômée en 1939, deux ans avant le drame que l’on évoquera). C’est en 1959, alors qu’approche l'élection présidentielle que remportera John, que les premières révélations émergent. James McGregor Burns, auteur de la première biographie de «Jack», affirme que «Rosie» «s'occupe d'enfants attardés».

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    Remise en cause, cette version est rectifiée par le père quelques mois plus tard : en juillet 1960, Joe Kennedy raconte au magazine «Time» que sa fille aînée a été victime, durant l'enfance, d'une forme rare et grave de méningite, qui l’a laissée déficiente mentalement.

     

    Il parle d’«accès de colère» devenus ingérable, et explique qu’elle vivrait désormais dans une clinique du Wisconsin.

    AUDIO: Hear Rose Kennedy Open Up About Daughter Rosemary's Lobotomy for the First Time in Rare Private Recordings

    Puis en septembre 1962, Eunice –la sœur la plus proche de Rosemary, qui lui inspirera d’ailleurs les Jeux olympique spéciaux, créés en 1968- précise au «Saturday Evening Post» que sa soeur vit au couvent Saint Coletta –depuis 1949, avant quoi elle était internée dans un hôpital psychiatrique privé situé à Beacon (New York).

    LOBOTOMISÉE À L’ÂGE DE 23 ANS

    Ce n’est qu’en 1974, dans les des Mémoires de Rose, que le mot «lobotomie» apparaît pour la première fois.

     

    Rosemary aurait subi cette intervention chirurgicale en vogue (mais expérimentale) à l’époque, avant d’être largement décriée, pour «soigner» ce genre de problème, à l’âge de 23 ans.

    'What Have We Done to You, Rosie?' Distraught Rose Kennedy on the Lobotomized Daughter She Didn't See for 20 Years

    Sur décision unilatérale de Joe, qui l’aurait même cachée aux autres membres de la famille ; puis, face à l’échec cuisant de l’opération, l’aurait contrainte à vivre recluse, loin des siens. Les frères et sœurs de Rosemary n’auraient eux-mêmes appris que leur sœur avait été lobotomisée qu’après l’AVC de leur père en 1961.

    Ils auraient par la suite repris contact avec elle, la réintégrant, dans la mesure du possible, à la vie familiale.

    Une version bien triste de l’histoire, et ce d’autant plus que les livres révélations semblent même contredire l’hypothèse

    de la déficience mentale.

    Inside Rose Kennedy's Obsession with Her Children's Weight

    Tout juste souffrait-elle, selon Kate Larson, de légers troubles, sporadiques, dûs à un événement là encore dramatique survenu à sa naissance.

     

    Le jour de sa venue au monde, son cerveau aurait en effet été privé d’oxygène durant deux longues heures, à cause de la sage-femme qui aurait empêché –manuellement- l’enfant de sortir en attendant le médecin…

    Ce qui n’empêche que Rosemary est décrite comme une fille à la joie de vivre rayonnante, et au «sourire parfait».

    Une amatrice de tennis, de badminton ou encore de voile, mais aussi une jolie jeune femme fêtarde et plaisant aux garçons, qui ne collait pas avec les ambitions que Joseph nourrissait pour ses enfants…

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  • Le vocabulaire des mauvais garçons du Moyen-Age

     

    Voici sur Médiéval et Moyen-âge la suite du vocabulaire ancien.

     

    On retrouvera ici certains mots que ne devaient pas ignorer les tire-laines et coupe-jarrets de l’époque médiévale…  

     

     

     

    -  Affidé (e)    :   personne à qui l’on se confie pour un mauvais coup  

     

    -  Barater       :   ruser  

     

    -  Canivet       :   petit couteau  

     

    -  Cautelle      :   ruse  

     

    -  Chargé        :   pipé (un dé par exemple)  

     

    -  Colpe         :   forfait  

     

    -  Coquefabue    :   fourberie  

     

    -  Cordelle      :   intrigue  

     

    -  Déportement   :   mauvaise conduite  

     

    -  Emberlucoquer :   préparer un traquenard  

     

    -  Engigner      :   tromper  

     

    -  Fallace       :   fourberie  

     

    -  Fel           :   cruel  

     

    -  Fourbe        :   voleur  

     

    -  Fredain       :   scélérat  

     

    -  Gargoter      :   boire  

     

    -  Guile         :   ruse  

     

    -  Laronner      :   voler  

     

    -  Malencontre   :   mauvaise rencontre  

     

    -  Maroufle      :   fripon  

     

    -  Picorée       :   butin  

     

    -  Tençon        :   querelle  

     

    -  Volerie       :   larcin  

    .

     

     

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    Il est amusant de lire les mots anciens et leurs significations.

    On y retrouve des termes du patois ou des expressions imagées qui sont tombées dans l’argot.

     

    Parfois la définition a changé ou est différente d’un livre à l’autre. Souvent les mots ont évolué au niveau de l’orthographe, parfois aussi hélas ils se sont perdus dans les méandres de l’histoire…

     

    Au Féminin

     

    Aberite : une femme éveillée, une égrillarde

    Aideresse : femme qui en aide un autre à quelque ouvrage

    Alignée : femme droite, bien faite

    Ambubaye : une putain

    Autrice : femme qui produit des ouvrages d'esprit

    Bacelée ou Bacelote : une jeune fille

    Bachelette : une jeune fille amoureuse

    Bagasse : une putain

    Baisselete : une Jeune servante

    Becnaude : une criarde, une bavarde

    Beguelle : une impertinente

    Bellée : une belle

     

    Sur la mode

     

    Abolla ou Abolan : robe longue ou manteau

    Accement : ajustement, parure de femme

    Affubléer : cacher sa tête sous un voile

    Anaboladion : sorte de mantelet de femme

    Appretador : ornement de femme

    Atinter : orner, parer, embellir, ajuster, en parlant d'habillements et d'atours

    Baibille : une bavette d'enfant

    Balandran : un manteau de campagne

    Basquine : une robe ample de femme

    Begui : un bonnet d'enfant

    Bliaux, Bleaut : sorte de robe, de justaucorps

    Bobelins : brodequins de Théâtre

    Brayet : caleçon

    Brayette : fente de la culotte

     

    Sur les animaux

     

    Acne : un âne

    Aestre : grosse mouche qui tourmente les vaches

    Aillier : oiseau de proie.

    Alan : un dogue, un mâtin

    Alaoete : alouette

    Albran ou Alebran : canard sauvage

    Aletes : oiseaux de mer

    Aousterelle : sauterelle

    Aragne : araignée

    Arondelle : hirondelle

    Ase ou Asen : un âne

    Avete : abeille

    Avoirs : animaux domestiques de la basse-cour

    Balée ou Balén : une Baleine

    Baratas : un rat.

    Bardolin : un jeune et petit mulet

    Baucant : espèce de cheval de petite taille

    Belé : une belette

    Belve : une bête sauvage

    Bique : femelle du bouc

    Bisse : une couleuvre

    Bouquin : vieux bouc

    Bourriquet : petit âne

    Bouvelet : jeune veau
    Bouvillon : jeune bœuf

    Brebietet : petite brebis

     

    Sur la nourriture

     

    Aigrin : fruits aigres ou amers.

    Aiguardék : eau-de-vie

    Aiguë : vinaigre

    Aillie : sauce, ragoût

    Aisil : vinaigre

    Alemandes : amandes

    Alogie : ivrognerie, ripaille, bombance.

    Apateler : faire bonne chère.
    Apaticher : aller manger en Ville toute l'année

    Apothéque : garde-manger

    Appel : une pomme

    Avale Dru : un glouton

    Baffrer : manger

    Baufrer : manger gloutonnement

    Béulaïgue : un buveur d'eau

    Beuvailler : boire sans cesse au Cabaret comme un gueux

    Blet : trop mûr, en parlant d'un fruit.

    Borgons : forte de champignons

    Brasiller : faire griller sur la braise.

    Bresca : un rayon de miel

    Brifable : mangeable

    Brifer : manger gloutonnement

    Buron : une taverne, un cabaret

     

    (Tiré du dictionnaire du vieux langage François de M. Lacombe 1766) 

     

     

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    Me trouvant bien rarement en mission auprès de notre Grand Maître en l’enclos du Temple de Paris, étant le plus souvent soit en Terre Sainte, soit en Espagne pour la Reconquista, soit et surtout en ma Commanderie de Sainte Eulalie, je prends plaisir à visiter cette belle ville, comme j’ai pris plaisir à participer à l’inauguration de sa célèbre Notre Dame.             
     
    Aujourd’hui, ayant entendu parler d’un quartier médiéval perdu, voire mythique à savoir la Cour des Miracles, je décide de m’y rendre, sachant que je prends quelques risques, mais les Templiers savent prendre des risques, et Par Dieu je suis fortement armé et déterminé.
     
    Or donc ce fameux quartier m’ayant été indiqué par un de nos Sergents (robe noire à croix rouge) lequel y ayant ses habitudes en la personne d’une jolie BOHEMIENNE.            
     
    Ce qui m’intéresse surtout dans cette visite, c’est la langue parlée par ces bonnes gens, langue cachée au vulgaire, comme le sont nos écrits du Temple.             
     
    Me voici circulant dans d’infâmes et sombres ruelles su Moyen-Âge, rencontrant en chemin : des NARQUOIS (soldats de fortune demandant l’aumône) jouant leur maigre CAIRE (argent) au jeu d’ARQUES (dés) en compagnie de MERCANDIERS et autres
     
    BEAUX - SOYANT (bonimenteurs).             
     
    Des COQUILLARDS (faux pèlerins de Compostelle) s’entretiennent avec des FRANCS-MITOUX ou MALIGNEUX (maladie contrefaite) de leur dernier CORNIER ou BLANC SIRE (dupes) qu’ils ont BAZI (tué) après une partie de TAQUINADE endiablée (carte à jouer).             
     
    Ici un LUPANAR (Maison de tolérance) et quelques coureuses de remparts (Fille de joie !) Au fond d’une courette se trouve le
     
    CAGOU (professeur) lequel enseigne à des
     
    DROLES (enfants) l’art de l’ARGOT (langage), du vol à la tire, de la fausse blessure et de la façon de se servir des divers ROI DAVID et
     
    GIROFLEE (outils à crocheter les serrures).             
     
    Un MILLARD (pourvoyeur en marchandises diverses) se vante devant un parterre de PIETRES (faux estropiés) CALLOTS (teigneux guéris par miracle exposant leur belle chevelure)
     
    SABOULEURS (faux épileptiques suceurs de savon) et autres
     
    HUBAINS (anciens malades de la Rage miraculés au nom de St Hubert) d’avoir BLANCHI LA ROUHE (échappé à la justice et à la torture) tout en me BECQUANT (dévisager).             
     
    Tous ces bonnes gens savent que je ne suis qu’un pauvre Chevalier du Temple ne possédant rien, hormis son couteau, et des couteaux, ils en ont à revendre.             
     
    Un CAPON (compère au jeu) me salue fors civilement d’un « Dieu te garde Frère Templier ! »             
     
    Les ENVOYEURS (meurtriers) ne se montrent pas, tandis que les COURTAUDS DE BOUTANGES (mendiants) savent ne rien risquer avec moi, qui ne suis ni GODIZ (riche), n’ayant pas de FEULLOUZE (bourse) et étant : FERME EN LA MAUHE (ne dénonçant pas) aux GAFFRES (sergents) même en cas de JOUR (torture).              Un GASCATRE (bandit novice) m’entraîne dans un BOUGE (estaminet) où je me régale d’un ragoût de Chat, de Chien ou autre Rat, le tout arrosé d’un franche piquette venue d’une vigne proche du Sanctum Martyrium du grand St Denis et de ses compagnons Rustique et Eleuthère (Montmartre), vigne entretenue par les moines de l’abbaye de St Martin des Champs.               Cette promenade me fut salutaire, ayant appris quelque mots d’un langage secret, qui ne sera révélé que dans environ deux cent cinquante ans en Bourgogne dans cette bonne ville de Dijon, ou une dizaine d’âmes simples furent envoyées à Dieu par le biais d’un énorme chaudron où ils furent bouillis, après avoir été jugé comme Coquillards et après avoir expliqué et traduit leur langue lors de leur procès… …Frères Humains… Fraternellement, PHILIPPE LE TEMPLIER    (passez la souris sur la photo !)
     
     
     
     
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    Aspects de la criminalité médiévale
     

     

    Les ribauds.
    Rien ne montre sans doute mieux la confusion des genres qui régnait au Moyen âge que le terme de ribaud, avec sa signification fluctuante.

     

    On a très probablement exagéré parfois les pouvoirs de ce personnage mal défini qui prenait le titre de sergent d'armes du roi : il aurait eu droit de vie et de mort sur ceux qui causaient des troubles, percevait les amendes qu'il infligeait, avait aussi sa part dans le butin rapporté par les ribauds et s'attribuait même un droit sur les prisonniers de guerre, mais il prélevait certainement, en tout cas, des redevances sur les maisons de jeu, les tavernes et les filles publiques et avait, comme chargé de l'exécution des criminels, les vêtements des exécutés.


    Dès le XIIIe siècle, le sens le plus défavorable s'attache au mot ribaud, et les ordonnances de saint Louis (Louis IX) traitent de ribaudes les filles de joie.

     

    Le nom de ribaud était alors souvent donné aux trouvères et on l'appliquait aussi aux portefaix.

     

    On en arriva à désigner ainsi les vagabonds excommuniés et à confondre avec eux les truands.

     

    Des clercs même étaient appelés clercs-ribauds. Nu comme un ribaud devint un proverbe.

     

    Quant au roi des ribauds, ce n'était plus, au XIVe siècle tout au moins, qu'un officier inférieur de la maison du roi, ayant certaines fonctions de police.

     

    Il est invraisemblable qu'il ait eu, à proprement parler, des pouvoirs judiciaires; de même qu'on ne doit pas l'identifier avec le prévôt de l'hôtel, on ne peut non plus prétendre que les prévôts des maréchaux aient hérité d'une partie de ses attributions. Mais il paraît que ce fut la « dame des filles de joie suivant la cour » qui lui succéda dans la charge qu'il aurait eue d'héberger les filles publiques.


    Le dernier roi des ribauds date vraisemblablement du temps de Louis XII.

     

    A la décadence progressive de cet office correspond une diminution dans les gages qu'il comportait; de 20 sous par jour en 1324, ils ne sont plus que de 4 sous en 1386.

     

    Il avait au-dessous de lui un lieutenant dit prévôt avec un certain nombre d'archers ou de sergents et de valets. Quelques-unes de ses attributions sont peu certaines aussi, en tant qu'elles auraient appartenu à l'officier de la maison du roi. et non à tel ou tel des autres rois de ribauds, car il y en eut dans des villes ou des maisons princières. et l'on a même dit qu'ils relevaient de l'officier royal : ainsi le droit de percevoir 5 sous d'or de toute femme adultère, celui de faire faire son lit par les filles de cour pendant le mois de mai.

     

    L'étude de ces attributions est liée à l'histoire de la prostitution, et ce fait que le bourreau de Toulouse s'intitulait roi des ribauds suffit à prouver que le mot ribaud était discrédité de plus en plus.
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    Les truands.
    On appelait de ce nom, au Moyen âge, des vagabonds qui vivaient surtout de la mendicité.

     

    On le trouve dès le XIIe siècle, étant données les moeurs des truands, truander signifiait mendier, mais aussi faire des friponneries.

     

    Truandaille désignait l'espèce des truands, truanderie, leur genre de vie ou bien quelque tromperie faite par eux. Truand, qu'on rencontre aussi sous la forme

    trutain (trutanus), a été, employé comme adjectif avec le sens de misérable, quelquefois de paresseux et même de puant, et en vint à vouloir dire menteur.

     

    Ce mot a vraisemblablement pour origine un mot celtique ayant la même acception.

     

    Les autres étymologies qu'on en a données (notamment celle de treu pour tribut) sont fantaisistes.

     

    Parmi les textes nombreux où il figure, on peut citer ces vers d'Eustache Deschamps :

    Je ne fusse pas bons truans,
    Je ne sçai deux fois demander
    et
    Un mal vestu est appelté truant.
    Un concile de 1227, tenu à Trèves, prescrit aux curés de ne pas permettre que les truands et autres vagabonds chantent à la messe, et une ordonnance du roi Jean, de 1351, enjoint à tous « gens oiseux ou joueurs de dés ou enchanteurs ès rues ou truandants ou mendiants » de travailler ou de sortir de Paris ainsi que des villes des environs dans les trois jours, s'ils sont valides. Mais, somme toute, on manque d'autres renseignements sur eux, et ce qu'on en dit, c'est seulement en réalité ce qu'on sait de ces classes qu'on ne voit apparaître d'une façon nette qu'au commencement du XVe siècle.
    Il est permis de décrire sous le mot truand l'organisation des gueux telle qu'elle semble avoir existé à la fin du Moyen âge et au début des temps modernes. On nommait gueux ces bandes de misérables qui comprenaient, en même temps que des criminels échappés, des ouvriers en rupture, des gens de métiers aventureux et des déclassés. Au point de vue de leur organisation, ils se subdivisaient en tribus : les soldats (beroards, gaudins, feuillards, drilles, narquins ou narquois, francs-taupins, etc.), les merciers, mercerots, mercelots, colporteurs en quelque sorte de contrebande ou marchands ambulants, les mendiants, les Bohémiens ou Egyptiens, les voleurs proprement dits. Au XVIe siècle, la confrérie, formée par une grande partie de gueux, comportait une hiérarchie régulière, tout au moins parmi les mercelots, au nombre desquels a compté Villon. On était d'abordpechon ou apprenti, puis blesche, puis coesme, coesmelotier ou coesmelotier huré, degrés qui correspondaient à ceux de la corporation de la mercerie prise pour modèle. Les deux ordres supérieurs, propres aux gueux, étaient celui des cagous, chefs de province chargés de la police et de l'instruction des novices, celui des archisuppôts, sans pouvoir effectif, et qui composaient le collège des prêtres et des savants de la confrérie, avec, au sommet, un roi ordinairement appelé le grand Coesre. Montaigne dit bien que de son temps les gueux avaient « leurs dignités et ordres politiques » (Essais, 1. XIII, ch. XIII).
    Les soldats mercenaires qu'on peut englober sous la dénomination de routiers n'étant pas à assimiler aux gueux, encore moins aux véritables truands, mendiants, au besoin malfaiteurs, ce sont ceux-là seulement qui étaient débandés qui semblent avoir formé, quelque temps en tout cas, une classe de la monarchie du grand Coesre. Sans doute, à proprement parler, les Bohémiens, qui apparaissent dans le premier tiers du XVe siècle, étaient également distincts des gueux, mais ils avaient avec eux des rapports habituels, et c'est peut-être à leur exemple que les gueux voulurent avoir un roi et des officiers. Quant aux voleurs de profession, ils n'entrèrent dans cette corporation ou confrérie qu'au commencement du XVIIe siècle, et encore les brigands de grand chemin en furent-ils toujours exclus.
    Sous Henri IV, les voleurs tenaient leurs assises à Paris, au Port-au-Foin, près de la place de Grève, et les officiers qu'ils avaient élus prononçaient contre les délinquants la peine de l'amende, du fouet ou même de la mort. II faut rappeler aussi que les francs-bourgeois, logés gratuitement à Paris, grâce à la libéralité d'un particulier et avec exemption d'impôts, dans la rue qui a pris leur nom, n'étaient que des truands. Au XVIIe siècle, parlant de son époque, Sauval distingue parmi les truands les argotiers ou gueux, les coupeurs de bourse et les voleurs de nuit et de grand chemin. Ce sont des argotiers, pauvres fréquentant les foires et marchés; ils composent le « royaume argotique », et c'est du langage particulier dont ils font usage qu'ils tirent leur nom. En France, ils reconnaissent alors pour roi le grand Coësre, aussi appelé quelquefois Césaire. La parenté de ce mot et du mot César est évidente. Le grand Coësre ou roi de Thune, leur chef élu, dont dépendaient les cagous de province, qui étaient en quelque sorte ses baillis, traîné dans une charrette attelée de chiens, tenait sa Cour des miracles dans le cul-de-sac Saint-Sauveur, la rue des Francs-Bourgeois, près du couvent des Filles-Dieu, ou dans les rues de la Grande et de la Petite Truanderie. Ses sujets lui rendaient hommage et lui payaient une redevance. Le grand Coësre devenait le véritable maître de Paris après huit heures du soir, quand le bourdon de Notre-Dame avait sonné le couvre-feu.
    Pour être officier de ce royaume d'Argot, il fallait avoir un magasin de masques, de haillons, de bandages.
    S'ils ne vivaient pas comme les argotiers sous des règlements, les coupeurs de bourse, à la différence des voleurs, se conformaient au moins à quelques coutumes, et, pour obtenir ce titre, il fallait avoir fait deux chefs-d'oeuvre en présence des maîtres, avoir subi de pénibles épreuves. Les corps des coupeurs de bourse était subdivisé en compagnies dont les membres n'opéraient jamais seuls et que commandaient des capitaines. Les compagnons qui suivaient servaient de recéleurs; ils évitaient aussi de se trouver trop nombreux et avaient des signes de convention pour se renseigner sur le nombre qu'ils devaient être en telle occasion. C'est la création de l'hôpital général, en 1656, qui amena la disparition de toute cette organisation des truands. Encore faut-il ajouter que le grand Coësre paraît avoir simplement transporté la tenue annuelle de ses Etats à Sainte-Anne-d'Auray dans un pré dit le Pré des gueux et que le royaume des argotiers dont s'étaient retirés les voleurs n'en subsista pas moins, sous le nom de Cour des Miracles.
    -

    La Cour des miracles
    On désignait jadis sous le nom de Cour des Miracles les quartiers de Paris exclusivement habités par les innombrables mendiants qui y rentraient, le soir venu, faire disparaître comme par miracle les infirmités ou les plaies qu'ils avaient exposées pendant la journée à la charité des passants.
    La plus fréquentée parmi les cours des miracles formait un vaste enclos circonscrit par les rues actuelles d'Aboukir, des Petits-Carreaux, qui lui servait d'accès, Saint-Sauveur et Saint-Denis. Son existence se prolongera bien au-delà du Moyen âge. Et, bien que détruite en 1667 sur ordre du lieutenant de police La Reynie, cette cour des Miracles se reconstitua, car elle figure sur les plans du premier tiers du XVIIIe siècle. Elle était alors réduite à son "coeur historique", l'espace circonscrit par les rues des Forges et de Damiette.
    On ne retrouve évidemment plus aujourd'hui l'aspect si pittoresque et si hideux à la fois de la Cour des miracles d'autrefois dans le quartier dont nous venons d'indiquer les limites, mais au début du XXe siècle, une cour, située dans la rue de Damiette, portait encore administrativement le nom de Cour des miracles. Un immeuble moderne en occupe aujourd'hui l'emplacement : il a conservé une cour intérieure...
    La prostitution et le proxénétisme.
    La plus ancienne législation médiévale remonte à Charlemagne. Comme celles qui suivront, elle est inspirée par l'idée directrice qui était déjà à Rome, celle de Justinien : réprimer les excès de la prostitution, mais la tolérer parce que sa suppression pourrait causer de plus graves inconvénients que son maintien. C'est en 800, Charlemagne ordonne que les femmes de mauvaise vie seront punies de la flagellation et que le propriétaire de la maison qui aura donné asile à une prostituée sera condamné à porter cette femme à son cou depuis sa maison jusqu'à la place du marché public. Louis IX fit une guerre active à la prostitution : les femmes publiques devront être chassées, des villes et de la campagne, leurs biens seront confisqués, ceux qui leur auront loué sciemment leurs maisons les perdront (ordon. de 1254); les ribaudes, les folles femmes seront mises hors des églises et cimetières (ordon. de 1256). Seulement, les ribaudes ainsi poursuivies prirent des allures de modestie et feignirent à tel point les dehors des honnêtes femmes qu'on dut défendre celles-ci contre les méprises et scandales que cette confusion produisit...
    Les prostituées durent se confiner dans les « bordeaux » (du nom de ces maisons où l'on confinait les lépreux) ; le prévôt de Paris (1360) leur défendit de porter les mêmes ornements de corsage et les mêmes manteaux que les femmes honnêtes; une autre ordonnance (18 septembre 1367) indiqua comme bordeaux tolérés les lieux publics de l'Abreuvoir-Macon, de la Boucherie, de la rue du Froidmantel, du clos Bruneau, de la cour Robert de Paris, de la rue Chapon, etc. Les proxénètes furent vigoureusement poursuivis : il fut interdit

    « à toutes personnes de l'un et de l'autre sexe de s'entremettre, de livrer ou administrer femmes pour faire péché de leur corps, à peine d'être tournées au pilori, marquées d'un fer chaud et chassées hors la ville »
    En province on était parfois encore plus sévère qu'à Paris. Ainsi à Toulouse (1369) les filles de joie étaient forcées de porter une marque sur leurs habits. Mais toutes les réglementations du monde ne sont jamais si exactement calculées qu'elles ne fournissent des échappatoires. L'abondance même des documents émanés de la prévôté de Paris le prouve jusqu'à l'évidence. Le Parlement dut s'en mêler sans plus de succès. En 1420, il défendit aux filles et femmes de mauvaise vie de porter des robesà collets renversés et à queues traînantes, ni aucune fourrure de quelque valeur que ce soit, des ceintures dorées, des couvre-chefs, des boutonnières au chaperon, sous peine de confiscation, d'amende et de prison; arrêté renouvelé en 1426 et complété cette fois par cette explication :

    « Attendu que ce sont les ornements que portent les damoiselles ».
    A la Renaissance, on fera davantage. Un édit de 1560 abolira totalement les mauvais lieux. Mais il n'eut d'autre conséquence que la dissémination des prostituées dans une multitudes de maisons privées, clandestines, et sources de notables profits pour leurs propriétaires. (A. Lecler / A. Coville / E. Cosneau / M. Barroux / F. B.)..
     
     
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  • HERMAN
    "Le Boucher Des bas fonds" 





    PORTRAIT 

     

    Âgé d'environ vingt-cinq ans, Herman est un homme d'allure plutôt débonnaire.

     

    Son visage rond et son corps bien bâti lui donnent une mine engageante. Sa physionomie banale a pourtant quelque chose d'un peu étrange : un menton un peu trop large, des joues rebondies qui s'écartent pour découvrir des dents pointues, des yeux petits et vifs et d‘un bleu à faire froid dans le dos, des oreilles décollées et plantées plus bas que les yeux. Les mains, blanches et fines, contrastent avec le corps robuste. Menteur, voleur, souteneur.

    L'inquiétude qu'inspire à certains la silhouette de Herman n'est pas dénuée de tout fondement. Le boucher des bas fonds possède un casier judiciaire assez bien rempli. Dès l'âge de douze ans, il a été condamné pour attentat à la pudeur sur une vieille femme. Il est né avec une "arriération congénitale".

    ENFANCE et VIE ADULTE


    Né en 1433, en Germanie, Herman était un arriéré mental rusé, cruel, insensible à la douleur d’autrui et porté uniquement vers la satisfaction immédiate de ses caprices. Pourtant, si son intellect ne dépassait pas celui d’un enfant de 12 ans, il n’était pas fou. Il n’avait guère conscience de ce qui l’entourait et vivait dans un monde fermé. Une tendance accrue Par le fait que son père l’ait confié à des moines un peu cruels, qui lui peignirent un portrait des femmes des plus assassin. Lui inculquant que ces dernières n’étaient que des catins portées sur le vice, et la luxure.

    L'expression est sans doute un peu forte. Au monastère, les moines de Herman considéraient bien ses capacités intellectuelles comme inférieures à la moyenne, mais de justesse. Élève modèle, quoique un peu taciturne, Herman devait son caractère renfermé à une situation familiale difficile. Son enfance fut en effet marquée par une haine profonde pour son braillard de père et par l‘absence d‘une mère prostituée dans les bas fond de paris, qui l’a abandonné tout petit, le laissant à un père violent et alcoolique . Les membres du guêt ne seront pas surpris d'apprendre que Herman développe très tôt un goût pour les poupées, qu’il massacre allégrement . 
    Un temps apprenti serrurier, ce qui lui permettra de faire sauter n‘importe quelle serrure. Discipliné, doté d'un physique solide, il fait d'abord bonne impression. Mais cela ne dure pas. 



    De retour à Paris, il va vivre de petits larcins et d'escroqueries. Peu à peu, il fraie avec la pègre de l'endroit.Mais cela ne lui plait guère .
    Herman comprend vite le parti qu'il peut tirer de la désorganisation et d'un marché noir florissant dans les bas fond de la capital. Comme quoi il n'était pas aussi arriéré qu'on a bien voulu le dire. Il loue boutique et arrière-boutique en plein notre dame.
    Il se livre là à de curieux trafics. Las voisins le voient sortir avec de lourds sacs.


    MARCHE NOIR 

    Certes, d'étranges rumeurs circulent sur son compte, mais elles ne pèsent pas lourd face à un avantage bien concret : grand initié du marché noir, Herman est en effet le fournisseur en viande d'un bon nombre de locataires et d'habitants du quartier . Cela permet d'améliorer l'ordinaire composé de pommes de terre et de raves à l'eau salée, ou de tartines de pain noir garnies de saindoux.
    Régulièrement, Herman descend sort de sa boutique en portant à bout de bras un seau sur lequel il a jeté un torchon. il pousse la porte des cuisines de l’auberge du coin et verse dans les marmites un flot de viande coupée en cubes. La mère Ernestine trouve bien la chair un peu pâlichonne et filandreuse, mais en ces temps de pénurie on ne fait pas la fine bouche. D'autant que Herman la lui vend moitié moins cher que la viande de cochon ou de bœuf. Bouillie, dégraissée puis passée à la Moulinette, la viande de Herman fait d'excellentes terrines. Lui-même grand amateur de cuisine, il vient parfois préparer sa spécialité, le ragout.

    Herman fournit aussi moultes auberge de la capitale avec ses de boyaux d'agneau. Il confectionne d’ailleurs souvent, de délicieuses saucisses et chacun des clients des auberges se régales et font honneur à cette spécialité.

    Ce soir là, les rumeurs déplaisantes sur le locataire du quartier de notre dame s'envolent. Ventre comblé n'a pas d'oreilles.

     

     

    MODUS OPERANDI

    Le modus operandi de Herman était bien rodé.

    La nuit venue, il allait dans les bas fond de paris.

     

    Il accostait les femmes de petites vertus ou les bourgeoise en manque de sensation fortes.

     

     

    Herman leur proposait d’aller chez lui.

    Il occupait un petit appartement au dessus de son échoppe.

     

    Il s’occupait de sa nouvelle «conquête». Suivant le cas, celle-ci ressortait ou non vivante le lendemain matin.

     

    Lorsqu’il tuait sa victime, pas toujours lors de leur première nuit d’amour, c’est que Herman n’avait pas pu retenir la frénésie meurtrière qui s’emparait de lui pendant l’acte sexuel. 

     


    Il étranglait ses amantes en pleine extase puis s'endormait à côté du cadavre. Au réveil, le corps était déjà raide et froid.

     

    Herman se levait, se servait une tasse de café, puis se mettait à l'ouvrage.

     

    Prenant la femme par les pieds, il la tirait jusqu'a son échoppe en dessous.

    Là, il étendait un torchon sur le visage de la morte, dont les yeux exorbités le dérangeaient dans sa besogne.

     

    Il y a comme ça des cuisiniers qui ne supportent pas l’œil vitreux du poisson qu'ils sont en train de vider...

     


    Armé d'un couteau de boucher, Herman ouvrait le ventre, pratiquait des entailles à hauteur des côtes puis écartait jusqu'à ce que la cage thoracique craque comme une carcasse de poulet, il arrachait alors les poumons et le cœur puis désarticulait les bras et les jambes, les désossait et fourrait les os dans un gros sac de toile.

     

    Tout ce qui était récupérable était caché sous le lit en attendant d'être réduit en petits cubes.


    Puis le boucher s'occupait de la tête : il découpait le cuir chevelu en lanières, posait le crâne dépiauté sur un chiffon pour étouffer le bruit : alors, à coups de hachoir, il brisait les jointures des plaques osseuses.

     

    Herman proposait parfois de la cervelle à ses meilleurs clients...
     

     

    Néanmoins, les derniers temps, il avait fait preuve de négligence ou de paresse, ce qui expliquait les crânes entiers découverts en différents endroits de la ville.

     


    La nuit, il descendait en portant un gros sac de toile plein d'ossements qu'il allait jeter dans les égouts ou directement dans la seine.

     

     

     

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    JFK, Ava Gardner, Lucky Luciano, Sammy Davis Jr...

    dans Sinatra et la mafia

     

     

    ACH003310561.1362459569.580x580D'un côté Lucky Luciano, Sam Giancana, Franck Costello, les frères Fischetti, Johnny "Handsomme" Roselli, Willy Moretti, Mickey Cohen... De l'autre, Ava Gardner, Marlene Dietrich, Grace Kelly, Lana Turner, Marilyn Monroe, Kim Novak...

     

    Au milieu, Franck Sinatra (1915-1998), " old blue eyes ", chanteur hyper doué, mégalomaniaque, qui a pulvérisé le billboard bien avant Elvis ou les Beatles.

     

    Dans Sinatra et la Mafia, Véronique Chalmet dresse un portrait extraordinaire, cruel et tendre de ce monstre de l'entertainment, n'oubliant jamais que le gamin, petit-fils de migrants siciliens, s'est sorti de son quartier de Hoboken, près de New-York, à la force du jarret. Un essai qui se lit comme un (très bon) polar.

     
    Pour saisir l'environnement du chanteur, il faut bien se dire qu'en 1915, naître dans une famille de Siciliens, fraîchement débarquée de Palerme, ce n'est pas le tremplin assuré pour une réussite sociale aux Etats-Unis. Mais il y a un tas d'anges qui vont se pencher sur le jeune Franck.
     
    Le premier, c'est sa mère : Dolly.
     
    Une mamma qui déplace des montagnes, s'engage auprès des candidats démocrates, leur fournit les votes de la communauté italienne.
     
     
    Elle fera profiter son unique fils de son entregent, lui trouvera ses premiers contrats.
     
    Et puis, quand elle ouvrira un bar avec son mari, la pègre locale, qui fournit l'alcool entre autres, lui proposera ses services.

     

    Sinatra et la mafia montre parfaitement comment l'enfant d'Hoboken, à un moment, coincé par un contrat doit faire appel à ses " connaissances ".

     

    Lui l'Italo-Américain est évidemment bien vu par le patron de l'Outfit de Chicago, Sam Giancana, ou par le capo Lucky Luciano, sans parler de Franck Costello, parrain de New-York.

     

    La solidarité transalpine certes, mais aussi  la nécessité d'avoir une branche " culturelle " à leurs nombreuses activités, Sinatra se produisant dans les innombrables clubs que la mafia possède, dans la Grosse Pomme, à Chicago, Los Angeles et bientôt Las Vegas avec les mythiques casinos Sands, Desert Inn.

     

    Du début des années 40 au milieu des années 60, l'auteur de Let it snow, Let it snow va ainsi naviguer avec la pègre, transportant parfois quelques valises bourrées de dollars et sera même interrogé par la commission fédérale sur les activités criminelles.

     

    A la fin de cette relation sulfureuse, Sinatra devra même faire attention à lui, raser les murs et surtout, savoir se taire.

     

    Suivre Sinatra pendant la moitié du XXe siècle, c'est aussi soulever le voile people de sa vie, ses frasques sexuelles plus qu'amoureuses.

     

    Quoique sa relation avec Ava Gardner tenait vraiment de la passion destructrice, tandis qu'avec Marilyn, il s'agissait plus d'une amitié sincère.

     

    Mais ce n'est pas le versant le plus intéressant de la vie de Sinatra. Le travail de Véronique Chalmet est formidable lorsqu'il retisse les liens entre JFK et Sinatra.

     

    Tous deux démocrates (le chanteur étant un défenseur acharné des droits civiques), tous deux belles gueules et fêtards, ils vont s'épauler, se passer des filles, de grosses sommes d'argent aussi et Sinatra allant jusqu'à organiser la cérémonie d'investiture de Kennedy en janvier 1961 !

     

    Ce dernier le remerciant même personnellement dans son discours.

     

    Mais avec JFK, il y a aussi Robert, nommé Attorney General et, lui, va sérieusement ruer dans les brancards de la mafia italo-américaine...

     

    C'est tout le paradoxe pimenté de cette histoire gigantesque.

     

    Livre passionnant, parfaitement écrit, riche en anecdotes, Sinatra et la mafia remet en selle un artiste immense, trop vite oublié à mon goût.

     

    Alors que l'on célèbre les 50 ans de l'assassinat de JFK à Dallas, il est bon de froisser un peu l'icône irlandaise et de se souvenir qu'elle devait, beaucoup, à son pote Frankie.

     

    Et pour juger de la classe de l'homme, ce show à Saint-Louis avec ses amis du Rat Pack,

    Dean Martin, Sammy Davis Jr, le 20 juin 1965.

     

     

     

     

     

     

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    Le conseil de l'Europe et le Comité des Ministres devraient se pencher sur le rôle des juges en Europe..

     



    a ) Un juge doit appliquer des règles de droits et non porter atteinte à la dignité de la personne, aucun être humain de doit être considéré comme un objet ou un moyen.

    b) La possibilité pour un justiciable de poursuivre un juge pour son manque d'impartialité, refus de "contradictoire" ou encore violation de "l'égalité des armes"

    c) Selon le principe de "l’état de droit" , l’état doit sanctionner un juge qui rejette les obligations nées des traités, la responsabilité de l'état est engagée car ceci relève du droit international entre autres la loi de Nations (projet de code de "droit international public")....

    d) Selon les mécanismes des droits de l'homme, et démocratique, un Juge n'est pas plus souverain qu'un individu lambda, il faut donc reconnaitre une interdiction formelle a l"utilisation de la notion d'abus de droit ou d'abus de pouvoir, afin de rétablir que tous les droits de l'homme sont inhérents à tout être humain...

    Les Magistrats disposent de pouvoirs considérables sur la vie des citoyens mais, sous prétexte de leur indépendance nécessaire, c'est la seule profession n'ayant pas à rendre compte de ses décisions.

    Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, qu'il y ait des erreurs, beaucoup plus nombreuses que ne le croient ceux qui n'ont jamais eu à faire à la justice.

    Les erreurs judiciaires des Magistrats sont parfois corrigées avec les recours judiciaires prévus. (quand ceux-ci sont accessibles, et ne dur pas " ad vitam aeternam " malgré le droit a un recours effectif)

     



    Les fautes disciplinaires des Magistrats, notamment leurs fautes professionnelles lourdes (omissions ou erreurs d'interprétations des faits ou de la loi tellement graves qu'elles n'auraient pas dû échapper à leurs auteurs) ne sont jamais sanctionnées, privilège qu'ils sont les seuls à détenir.

     



    Les Magistrats qui contrôlent d'autres Magistrats ont d'abord le souci de la préservation de l'image de la justice, souci qui coïncide heureusement avec celui de leur solidarité corporatiste, ...

    Les victimes de la justice ne peuvent pas attaquer les Magistrats. Elles doivent d'abord attaquer l’état, ce qu'elles ne font pratiquement jamais.

    D'ailleurs, en cas de condamnation de l’état et alors que ce dernier peut se retourner contre les Magistrats, il n'a jamais exercé ce pouvoir.

    Voici les arguments principaux pour que la Cour de Cassation n'aurait pas du rejetter ma demande !

    Si le principe de tutelle en France est de priver une personne handicapée mentale de ses libertés individuelles, (comme sa libre circulation pour rendre visite en son frère ainé et son papa en France, car la France prefère placés nos jeunes handicapes en Belgique) il nous faut conscientiser que les dispositions relatives aux droits des personnes handicapées en fonction de la Convention Internationale font « exception de nullité »...

    On entend par "exception de nullité" un argument que l'on soulève avant même d'évoquer le fond de l'affaire, et qui tend à voir annuler une pièce de la procédure ou, éventuellement, l'ensemble de la procédure, en raison de la violation par l'une des parties (demandeur, défendeur, forces de l'ordre, administration fiscale, magistrat du siège, magistrat du parquet, etc.) d'une disposition essentielle du droit.

    La hiérarchie des normes par les obligations et les dispositions nées des traités doit être considérée comme "une primauté du droit," afin de relever, de garantir et mettre en cohérence les droits de l'homme et l' 'état de droit.

    Rappelant les principes proclamés dans la Charte des Nations Unies selon lesquels la reconnaissance de la dignité et de la valeur inhérentes à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,

    Reconnaissant que les Nations Unies, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les Pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme, ont proclamé et sont convenues que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés qui y sont énoncés, sans distinction aucune,

    Reconnaissant l'importance pour les personnes handicapées de leur autonomie et de leur indépendance individuelles, y compris la liberté de faire leurs propres choix, Conscients que l'individu, étant donné ses obligations envers les autres individus et la société à laquelle il appartient, est tenu de faire son possible pour promouvoir et respecter les droits reconnus dans la Charte internationale des droits de l'homme,

     

     

     

     

     

     

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  • Affaire des disparues de l'Yonne: les amis... par JaneBurgermeister 

     

     

    AFFAIRE Claude Dunand le tortionnaire
     
    ( Appoigny - Yonne ) similaire à l'affaire émile Louis
     
    Claude Dunand, l’ancien « tortionnaire d’Appoigny », condamné à perpétuité, bénéficie depuis le 1er juin dernier d’un régime de semi-liberté. Pour bonne conduite...( 2001 )
     
    Réclusion criminelle à perpétuité au terme d’un délibéré de 6h30 ! En novembre 1991, la justice rattrapait définitivement Claude Dunand, le « tortionnaire d’Appoigny », qui avait sévi dans une commune de l’Auxerrois. Personne n’a, depuis, oublié ce fait divers hors du commun, bestial. Trois jeunes femmes (dont l’une ne sera jamais retrouvée), séquestrées dans le pavillon de Dunand, furent soumises aux pires sévices, viols, actes de barbarie et autres atrocités. Leur calvaire durera plusieurs mois. Esclaves sexuelles d’un monstre, bon père le jour, tortionnaire la nuit, n’hésitant pas à les vendre à une trentaine de clients dont deux seulement seront inquiétés par la justice.
     
     
     
    Auxerre, son vin, ses bonnes tables, son club de foot. Et ses affaires.
      
    Outre Émile Louis et les « disparues de l’Yonne », il y a une autre affaire. Tout aussi sordide. Tout aussi étrange dans sa succession d’inerties judiciaires, d’erreurs de procédure, de pièces à conviction volatilisées, d’absence de coupables.
      
      
    C’est le réseau sado-masochiste organisé par un homme, chauffeur lui aussi comme Émile Louis, Claude Dunand.
     
     
      
      
    bon ben, rien de nouveau a l’ouest
    les assassins sont protegés
    par les copains juges avocats, notables, hommes politiques
    et si on l’ouvre on vous execute.
     
     
     
     
     
     
     Le tortionnaire d’Appoigny se présente comme un monsieur « tout le monde » , VRP pour une société de produits surgelés,  entraîné par son épouse dans l’échange puis les clubs sado-masochistes.

    Il prétendra ensuite ne pas comprendre l’enchaînement qui le fera devenir un tortionnaire, on le plaindrait presque …

    Les faits parlent d’eux-mêmes, le couple monstrueux Claude et Monique Dunand va prendre l’habitude pendant toutes les années 70 de commettre les pires saloperies pour le compte de leurs bien particulières relations. À partir de 1981 les exactions s’organisent sur le mode d’une routine. Les Dunand recrutent par annonce une « jeune fille pour s’occuper d’une personne âgée » dans leur pavillon, allée des Violettes à Appoigny, près d’Auxerre. Une des victimes est ferrée en octobre 1983, il s’agit d’Huguette, handicapée mentale légère sous la tutelle de la DDASS.

    Les Dunand et leurs amis vont lui réserver un comité d’accueil à leur façon, pieds et mains enchaînés, fixée à un tuyau elle sera fouettée par ces malades. Le lendemain Claude Dunand va la violer. Puis, ils l’attacheront nue sur une des madriers croisés dans la cave aménagée en salle de torture,afin de la livrer à une bonne centaine de clients répertoriés dans la région, mais aussi ailleurs en France et également en Suisse et en Allemagne.

    Ce qui attend les jeunes filles ainsi enfermées fait l’objet d’un abject menu tarifé de 200 francs les coups de cravache à 800 francs pour des brûlures à la cigarette sur le clitoris en passant par le perçage par aiguilles à 300 francs ou encore les décharges électriques. Pour le reste elles sont régulièrement violées et nourries à la pâté pour chiens, certaines comme Huguette sont forcées à boire leur urine !

    Le calvaire durera jusqu’au 20 janvier 1984, date à laquelle une des torturées réussit à prendre la fuite. Elle se réfugie à l’hôpital d’Auxerre et signale la présence sur place d’une autre jeune fille. Pourtant il faudra attendre le 23, un lundi pour que la police soit envoyée afin d’arrêter le couple Dunand. Dans le pavillon se trouve bien cette autre victime qui les subissait dans la cave depuis une semaine.

    Beaucoup de matériel sado-maso est retrouvé, mais aussi des carnets d’adresses de relations dont le plus important dit « le carnet noir » va très opportunément disparaître lors de l’instruction. D’autres répertoires sont trouvés dans le pavillon mais « n’auraient pas été exploitables ».

    Les deux « clients » poursuivis seront arrêtés, pincés sur place, pensant se rendre à une des séances particulières des Dunant, ils débarqueront en pleine perquisition.

     

    Ces deux là d’ailleurs décèderont avant de comparaître en cours d’assises et n’auront que le temps de mentionner l’existence d’une des torturées dont Dunand avait dit « s’être débarrassé ». Quant à Monique Dunand elle cirait tellement bien ses escaliers qu’elle s’y tuera aussi d’un vol plané avant audience.

    Une organisation de pédocriminels protégés est évoquée un moment par Dunand, qui explique que des jeunes filles étaient enlevées et vendues aux enchères, que certaines étaient tuées rapidement. Mais il se rétracte et ne lâchera plus rien. Une de ses victimes dira que Dunand parlait souvent de « l’organisation » qui lui donnait ses ordres.

    En novembre 1991, la cour d’Assises de l’Yonne le condamne à la réclusion à perpétuité pour  séquestrations et viols accompagnés d’actes de torture et de barbarie.

    Mais qui était les victimes, pourquoi leur disparition n’inquiétait-elle pas ?

    Les torturées d’Appoigny identifiées sont au nombre de trois seulement. Ce sont des victimes  à peine majeure comme Huguette M et Mickaëlla G.

    Des cibles faciles comme le sont les jeunes placés auprès de la protection de l’enfance.

    D’ailleurs, le monde est petit, Huguette M était justement placée à Montmercy puis au foyer d’Auxerre, Mickaëlla a fait un passage dans un foyer de l’APAJH. Ce même foyer qui servait de terrain de chasse à Émile Louis. En creusant un peu plus on trouve le vivier des Dunand et il vient bien de la DDASS. Pour Claude Dunand ce sont des victimes faciles, comme il s’en explique, elles n’ont pas de famille et la DDASS a trop à faire, pour les rechercher.

    Christian Jambert, le suicidé opportunément, avait aussi établi que le monde n’est pas si petit et que la coïncidence n’en était pas une. Il prouve qu’Émile Louis et Claude Dunand ont des amis communs, qu’ils ont travaillé l’un et l’autre à la gare routière d’Auxerre et habité dans un même village : Migennes. Il a prétendu qu’Émile Louis aurait amené des jeunes filles au couple Dunand puis en aurait enterré.

    Maître Didier Seban, avocat des familles victimes a fait le compte des jeunes filles mortes ou disparues dans la région d’Auxerre, elles se chiffrent à une trentaine entre 1965 et 1990, toutes n’ont pas été retrouvées et il pourrait y en avoir encore d’autres !

    Citons Lucette Evain, dont le cadavre est retrouvé sur un terrain vague en 1970, enfant de la DDASS, le rapport d’autopsie a disparu mais l’enquête est vite bouclée : suicide.

    Marie-Angèle Domece, encore une enfant de la DDASS, disparue en juillet 1988, classée.

    Elisabeth Fontaine, disparue au bord de l’Yonne, les parents écrivent sans succès au procureur à deux reprises, pas de réponse, dossier clos.

    Nous ne savons rien de plus sur les victimes et les clients de Claude Dunand.

    Quant à Dunant, il sera incarcéré à la prison d’Enzisheim, proche de Mulhouse, où il semblera bénéficier d’un régime de faveur.

    Il est remis en semi-liberté au 1er juin 2001 pour bonne conduite, puis bénéficie d’une libération conditionnelle le 1er janvier 2002. Certains pensent qu’il aurait été récompensé de son silence, mauvaises langues va !

     

     

     

    SOURCES

    super blog -  https://comitecedif.wordpress.com/2011/11/18/les-torturees-dappoigny/

     
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    DANTE (LA DIVINE COMÉDIE) :
    Le poète et le crime

     

    Document établi à partir des traductions et notes
    d’Alexandre Masseron (éd. Albin Michel)
    et d’André Pézart (éd. Gallimard)

     

     

     

    Dante Alighieri - (Florence - Galerie des Offices)

    Comme le ferait un moraliste ou un pénaliste, avec « La Divine Comédie » Dante s’attache aux diverses sortes d’actions humaines.

    Quant à leur qualité, il distingue entre les actions tenues pour bonnes, les actions constituant des péchés et les actions caractérisant un crime. Si les premières méritent une récompense, les deuxièmes appellent une expiation, tandis que les troisièmes exposent à la damnation.

    Nous suivrons le poète au fil de son voyage dans l’au-delà. Sa quête, qui commence par l’Enfer et se poursuit par le Purgatoire, s’achève au Paradis.

    Dante Alighieri
    - Photo J-P Doucet -

     

     

    I - L’Enfer : la damnation

    Au dessus de la porte de l’Enfer, porte que ne franchit aucune âme vertueuse, une inscription :

    Par moi, on entre dans le domaine des douleurs…

    C’est la Justice qui inspira mon sublime créateur…

    Vous qui entrez ici, perdez toute espérance.

     

    En effet, les peines infligées aux damnés sont perpétuelles. Prononcées pour l’éternité, elles ne laissent place à aucun espoir de rédemption.

     

     

    A - Haut enfer.

    Les lâches sont parqués hors de l’enceinte de l’Enfer.

    Vestibule : les lâches. Séjournent dans ce vestibule la foule innombrable de ceux qui n’eurent pas eu le courage de prendre parti pour le bien contre le mal, de ceux qui vécurent sans infamie mais sans vaillance. N’ayant jamais été de vrais vivants et n’appelant dès lors que le mépris, ils errent, nus, harcelés par des taons et des guêpes. Dante y place Ponce Pilate, Ésaü et Célestin V qui abdiqua la papauté.

    C’est l’Achéron qui marque la frontière de l’Enfer.

    Premier cercle : les païens et infidèles. Il s’agit du Limbe, où se situe le château des âmes vertueuses et des hommes illustres qui n’ont pas eu l’heur de connaître le Christ, qui ne peuvent dès lors voir Dieu, mais qui ne subissent naturellement aucun supplice. S’y côtoient Homère, Horace, Lucain, Lucrèce, Ovide, Platon, Sénèque, Socrate… et Saladin dont la vertu était reconnue par ses adversaires.

    C’est après ce premier cercle que commence l’Enfer proprement dit.

    A l’entrée siège Minos, juge des enfers : il s’enquiert des fautes commises ; chaque âme confesse les siennes ; il les soupèse et fixe à chacune le cercle où elle subira son châtiment.

    Sont condamnés ceux qui ont pleinement vécu dans le péché, ceux qui ont succombé délibérément au vice, ceux qui ont adhéré au mal sévissant sur la Terre.

    Deuxième cercle : les luxurieux.

    Il s’agit de ceux qui ont fait passer le plaisir charnel avant la plénitude spirituelle, au mépris de la raison. Ils sont précipités dans un lieu sans lumière ,balayé par un ouragan infernal qui les roule comme des galets sur une plage. Pour eux, pour Achille, Cléopâtre, Hélène de Troie, Pâris, Sémiramis ou Tristan, nul repos, nul réconfort, nul espoir.

     

    Troisième cercle : les gourmands.

    Le cercle réservé aux goinfres est celui d’une pluie éternelle, composée d’eau noirâtre et pesante, de neige et de grêle, rendant la terre puante. Les banqueteurs y sont déchiquetés à leur tour par Cerbère aux trois gueules. Ils resteront là jusqu’au jour du Jugement dernier. Dante évoque à cet égard un certain Ciacco, dit le « pourceau », beau parleur, gai compagnon, qui passait de festin en festin.

     

    Quatrième cercle : les avares et prodigues.

    Dante met ces deux extrêmes que sont les avares et les prodigues les uns en face des autres, roulant de lourds rochers, se heurtant et s’injuriant mutuellement : « Pourquoi amasses-tu ? », « Pourquoi prodigues-tu ? ». Leur vie a été si abjecte, que leur visage est noir au point de n’être plus reconnaissable. En effet, pour Dante « de la passion pour la richesse découle tout le mal de l’univers » ; il déplore que cède à cette tentation tant des gens d’Église que des laïcs.

     

    Cinquième cercle : les coléreux.

    Les coléreux, qui ont laissé de noires fumées anéantir leur raison, sont plongés dans un bourbier ;là ils se frappent le corps des mains et des pieds, ils se déchirent aussi de leurs dents. De même qu’ils ont vécu sous l’empire de la colère, de même ils se trouvent enfoncés dans la vase des berges du Styx.

    Justement, le Haut enfer est séparé du Bas enfer par le Styx.

     

    B - Bas enfer.

    Sixième cercle : les hérétiques. Les hérésiarques et les hérétiques leurs disciples, qui ont été des diviseurs, sont couchés dans des tombes dont le couvercle n’est pas fermé. Entre ces fosses jaillissent des flammes éparses dont la chaleur est proportionnelle à la gravité de leurs errements. On y trouve notamment Épicure et ses disciples, pour avoir enseigné que l’âme meurt avec le corps ; et même un pape, qui ne reconnaissait au Christ qu’une nature humaine (sur son tombeau, cette inscription : « Je garde la pape Anastase, que Plotin fit sortir de la voie droite »).

    Les trois cercles suivants sont réservés aux esprits maudits, à ceux qui ont pratiqué l’injustice, à ceux qui ont fait du tort à autrui que ce soit par la violence ou par la ruse.

    Mais, observe le poète, alors que la force est inscrite dans la nature humaine pour sa sauvegarde, la fraude est le fait de l’homme lui-même. C’est pourquoi Dieu sanctionne moins sévèrement les violents que les fraudeurs.

     

    Septième cercle : les violents.

    Ce cercle accueille les gens qui se sont rendus coupables de violence. Comme leur agression a pu être dirigée contre leur prochain, contre eux-mêmes ou contre Dieu, trois enceintes ont été prévues.

     

    1° Les violents envers autrui.

    Les personnes qui emploient la force envers autrui peuvent s’en prendre, soit à sa personne (mort ou blessures), soit à ses biens (dégradation, incendie ou extorsion). Même si elles sont placées dans deux loges distinctes, de toute manière elles se trouvent sous la surveillance du Minotaure et elles sont plongées dans un fleuve de sang.

     

    Les violents dans la personne d’autrui.

    Ceux qui tuèrent ou causèrent volontairement des blessures à leur prochain subissent leur peine dans la première loge. Leur supplice consiste à être plongés dans du sang bouillant, plus ou moins profondément selon la gravité de leurs crimes. Parmi ces damnés : Denys de Syracuse, Assolin qui tyrannisa Padoue et Guy de Montfort qui assassina pendant la Sainte messe un fils de Richard d’Angleterre.

    Les violents dans les biens d’autrui.

      

    « O aveugle cupidité, observe Virgile, qui nous éperonnes si fort pendant notre courte vie, tu nous plonges dans du sang bouillant pour la vie éternelle ». Tel est du moins le cas pour les pirates, les pillards, tel Attila, et les brigands, tel un certain Rinier Pazzo auteur de pillages et de meurtres en 1267-1268.

     

    2° Les violents envers eux-mêmes.

    L’homme exerce parfois des violences sur lui-même, que ce soit sur sa personne ou sur ses biens. Celui qui a commis cette faute est dirigé vers une deuxième enceinte, où il aura à pleurer de s’être lui-même privé de la béatitude qui lui était promise.

    Les suicidés.

    Dès que l’âme quitte le corps dont elle s’est elle-même détachée, Minos l’envoie dans la septième fosse. En effet, pour Dante, l’homme n’a pas loisir de fuir le combat pour le bien qui doit être le but de sa vie. Le suicidé est transformé en buisson, dans la « forêt des douleurs », ce qui lui fait perdre jusqu’à l’apparence humaine. Le poète ayant cassé une branche d’un buisson, il en sort du sang et des plaintes ; il s’agit de Pierre de la Vigne, jadis Conseiller de Frédéric II de Hohenstaufen : injustement accusé de trahison il se suicida dans sa prison.

     

    Les dissipateurs.

    Puisqu’elles ont dilapidé leurs biens au lieu de les faire fructifier pour le bien commun, les ombres des dissipateurs sont déchiquetées lambeaux par lambeaux, par des chiennes noires, féroces et avides qui les pourchassent à travers la Forêt des douleurs.

     

    3° Les violents envers Dieu.

    Enfin on peut faire violence à la Divinité, soit en la niant et en la blasphémant elle-même, soit en méprisant la Nature qu’elle a créée et ses fins. C’est dans une troisième enceinte que se rend celui qui a le mépris de Dieu dans le cœur et sur les lèvres ; elle consiste en un désert de sable sec et serré, où errent des âmes nues, et sur lequel tombe une pluie lente mais continue de larges flocons de feu.

     

    Les sodomites.

    Selon Dante les sodomites portent atteinte à Dieu en ce qu’ils enfreignent une loi fondamentale de la Nature, qui est celle de l’amour fécond. Ils doivent marcher sous la pluie de feu (qui évoque Sodome) sans jamais s’arrêter. Dante y rencontre nombre de Florentins.

     

    Les usuriers.

    Dieu invite l’homme à se procurer ses biens spirituels et temporels, à partir de la nature, par le fruit de son travail. L’usurier viole ce commandement, puisqu’il prospère en faisant payer à un taux excessif de l’argent nécessaire à autrui. Le supplice qui lui est réservé est de demeurer assis, sous la pluie de feu, portant au cou une bourse marquée d’un signe distinctif. Là encore Dante ne cite guère que quelques Florentins.

     

    Les blasphémateurs, en pensées, en paroles ou en actes.

    Sans pouvoir prendre le moindre repos, ils s’efforcent d’écarter de leur peau les flammèches qui s’y déposent et les brûlent intensément. Dante prend comme exemple Capanée, géant impie qui, lors du siège de Thèbes, défia et injuria Jupiter (le crime de lèse-Majesté divine est général) ; mais aussi Accurse, professeur de droit à Bologne, l’un des plus grands glossateurs de son temps (qui s’éloignait trop de l’esprit de la loi divine).

     

    Huitième cercle : les fraudeurs.

    La fraude, qui heurte profondément la conscience, est employée tantôt envers quelqu’un qui accorde sa confiance, tantôt envers quelqu’un qui la refuse. Sont assignés dans le huitième cercle ceux qui recourent à l’hypocrisie, l’adulation, la sorcellerie, la fausseté, le vol, l’escroquerie, la simonie, la concussion et autres procédés semblables. Ces fraudeurs sont répartis dans dix fosses circulaires dites bolges.

     

    1° Les séducteurs pour eux-mêmes, ou pire pour autrui.

    Répartis en deux troupes, ils courent sans cesse, poursuivis et fouettés par des démons cornus armés de grands fouets. À l’un d’eux qui s’arrête, un démon crie : « Marche, ruffian ! ici il n’y a pas de femmes à vendre ! ». Parmi ces séducteurs : Jason, qui trahit Médée ; et un certain Venedico qui prostitua sa sœur Guiselabelle au marquis de Ferrare.

     

    2° Les adulateurs.

    Dante voit les flatteurs et les flagorneurs plongés dans des excréments paraissant tirés de latrines humaines. L’un avoue : « C’est dans ce bas-fond que m’ont plongé les flatteries dont je n’eus jamais la langue rassasiée ». Parmi eux Thaïs, une prostituée qui avait particulièrement encensé son amant.

     

    3° Les simoniaques.

    Ayant trafiqué, contre argent, de choses saintes, les simoniaques sont plongés la tête la première dans des trous évoquant des bourses, d’où ne sortent que leurs jambes qu’ils agitent furieusement sous l’effet de flammes leur brûlant les pieds. Le premier d’entre eux fut Simon le Magicien, qui tentât d’acheter des Apôtres le pouvoir de communiquer le Saint-Esprit aux fidèles par l’imposition des mains ; mais Dante y place également des papes qui s’étaient fait un dieu d’or et d’argent, tel Nicolas III Orsini.

     

    4° Les devins et jeteurs de sorts.

    En prétendant lire dans un avenir qui n’appartient qu’à Dieu, les devins commettent un péché. Pour l’expier, ils sont condamnés à marcher à reculons, la tête tournée vers l’arrière ; en sorte que chacun d’eux est tordu, le visage tourné vers ses reins, ses larmes coulant sur ceux-ci. Parmi les plus connus, Tirésias, à la fois homme et femme ; Aruns, qui prédit la guerre entre César et Pompée, et Michel Scot particulièrement renommé comme astrologue.

     

    5° Les baratiers, trafiqueurs et concussionnaires.

    C’est dans cette cinquième bolge que Minos envoie ceux qui se sont livrés à des trafics d’argent, notamment les concussionnaires. Elle est emplie de poix épaisse et brûlante dans laquelle sont plongés les damnés ; ils ne peuvent en sortir sans se faire harponner par des diables. Un de ces derniers affirme que l’on y trouve nombre d’habitants de Lucques qui, pour de l’argent, font d’un « non » un « oui ».

     

    6° Les hypocrites.

    Les hypocrites, qui cachent sous une feinte sincérité leur fourberie foncière, subissent comme d’autres une sorte de peine du talion. Ils portent une lourde chape, aux capuchons baissés devant les yeux, toute dorée à l’extérieur, mais de plomb à l’intérieur ; leur poids les fait marcher très lentement, mais pour l’éternité. Comme exemple de la « gent pourpeinte » dont le visage affiche des sentiments qu’ils n’éprouvent pas, Dante met en scène deux frères d’un ordre religieux dégénéré, dont le seul but était la recherche de leur propre plaisir.

     

    7° Les voleurs.

    La septième fosse est emplie de toutes sortes de serpents qui ont pour mission de lier dans le dos les mains des voleurs, ces mêmes mains dont ils ont fait si mauvais usage pendant leur vie. Ainsi, d’un certain Cacus qui vola le troupeau d’un voisin, et périt sous la massue d’Hercule ; ou de Vanni Fucci qui, en 1293, vola dans la cathédrale de Pistoia le trésor de la chapelle Saint-Jacques.

     

    8° Les conseillers perfides.

    Parvenu à la huitième fosse, Dante ne voit qu’une multitude de flammes. Sous chacune se trouve un fourbe qu’elle empêche de distinguer. Par exemple Ulysse, le guerrier « aux milles tours », qui pleure la ruse ayant permis aux Grecs de détruire Troie. Ou encore Guido de Montefeltro, un chef gibelin, qui dit : « Les ruses je les connus toutes, et en fis si bien usage que le bruit s’en répandit jusqu’aux confins de la terre. Mes œuvres ne furent pas celles d’un lion mais d’un renard ».

     

    9° Les semeurs de discorde et les schismatiques.

    Dans la neuvième loge se trouvent ceux qui furent de leur vivant semeurs de division, de scandale et de schisme ; damnés pour avoir opposé des hommes entre eux, leur corps est ici coupé en deux. Bertrand de Born décrit ainsi son sort :

    « Je suis celui qui donna au jeune roi des conseils perfides ; je mis aux prises le père et le fils ; pour avoir séparé des êtres aussi unis, je porte mon cerveau séparé de mon tronc ; ainsi s’observe en moi la loi du talion ».

     

    10° Les falsificateurs.

    A l’intérieur de cette dixième et dernière division du huitième cercle « la Justice infaillible punit tous les faussaires ».

    Dante distingue quatre cas.

     

    Les falsificateurs de métaux et alchimistes.

    L’un d’entre eux, Griffolino d’Arezzo précise qu’il a été envoyé dans la dernière des dix fosses parce que sur terre il pratiquait l’alchimie. Gisant sur le sol, rongés par la gale, la lèpre, des démangeaisons sans fin, de leurs propres ongles ils se grattent furieusement et sans fin (cette peine semble inspirée des maladies que peuvent contracter ceux qui manipulent certains métaux).

    Les falsificateurs de personnes.

    Dante fait entrer dans cette catégorie les individus qui se sont faits passer pour un autre afin d’obtenir certains avantages. Devenus fous furieux, sous l’empire de la rage, ils se poursuivent et s’infligent de cruelles morsures. Ainsi, Giani Schicchi de Florence : sur la prière d’un certain Simone, qui se savait déshérité par son oncle, il se grima en vieillard, se coucha dans le lit où l’oncle venait de mourir, et dicta un testament en faveur de son ami, sans s’oublier au passage.

     

    Les falsificateurs de monnaies.

    Les faux-monnayeurs, pour leur part, sont frappés d’hydropisie ; ils soupirent après une seule goutte d’eau, mais ils ne sauraient en trouver dans ce lieu. L’un reconnaît qu’il falsifia l’alliage qui porte le sceau de St Jean-Baptiste ; un autre, Maître Adam, avoue avoir frappé des florins d’or qui contenaient trois carats de métal impur, ce pourquoi il fut brûlé vif.

     

    Les falsificateurs de paroles.

    Les fourbes sont atteints d’une fièvre si aiguë qu’ils transpirent de tous les pores de la peau au point de répandre une fumée à l’odeur fétide. Voici le supplice qu’endure Sinon, ce grec qui parvint à persuader les Troyens de faire entrer dans leur ville le cheval imaginé par Ulysse ; ou encore la femme de Putiphar, qui accusa faussement Joseph d’avoir voulu la violer.

     

    Neuvième cercle : les traîtres.

    En ce dernier cercle coule l’un des fleuves de l’Enfer : le Cocyte, un fleuve de glace ; les traîtres y grelottent dans un froid éternel. Dante les apostrophe ainsi : « Plèbe maudite entre toutes, rejetée dans ce lieu dont il est terrifiant de parler, mieux eût valu pour vous que vous eussiez été des brebis ou des chèvres » ; en effet des animaux, eux, ne trahissent pas !

     

    1° Les traîtres envers leurs parents.

    Ce sont des ombres dolentes prises dans la glace ; leur visage est violacé de froid, elles claquent des dents. Cette subdivision a pour nom évocateur la « Caïnat ». Le poète y place notamment deux frères Mangona, l’un gibelin, l’autre guelfe ; ils furent toujours en conflit et finir par s’entretuer.

     

    2° Les traîtres envers leur patrie ou leur parti.

    Ce deuxième cadran porte le nom d’« Anténora », en souvenir du prince Troyen Anténor qui aurait trahi Priam en ouvrant le cheval de Troie. Outre Ganelon, Dante y place Buoso de Duera à qui avait été confiée une solide troupe de gibelins mais qui, corrompu par les largesses du Prince, laissa passer l’armée de Charles d’Anjou,

    « Depuis il pleure le fin argent de France ».

     

    3° Les traîtres envers leurs hôtes.

    Ces derniers aussi sont pris dans la glace, mais la tête renversée en arrière afin que le gel empêche leurs larmes de couler. Cette zone est dite de la « Tolomea », du nom de ce Prolémée qui fit tuer dans un banquet Simon Maccabée. Dante y voit un certain Alberigo, qui fit tuer traîtreusement des ennemis au cours d’un festin auquel il les avait conviés en donnant ce signal « Qu’on serve les fruits ». Il y place aussi un certain Branca d’Oria : désirant prendre la place qu’occupait son beau-père, il l’invita dans son château, où il le fit assassiner par ses hommes.

     

    4° Les traîtres envers leurs bienfaiteurs.

    L’ultime région de ce dernier cercle, dite de la « Judaïque », reçoit les pires criminels : ceux qui ont trahi leur bienfaiteur. Ils sont entièrement pris dans la glace tels des fétus dans du verre, quand ce n’est pire. Pour s’en tenir à trois noms, citons : Judas Iscariote qui trahit Jésus, Brutus et Cassius qui trahirent César au point de participer à son assassinat.

    On peut observer que l’Enfer s’ouvrait avec les lâches et culmine avec les traîtres. Cette échelle des valeurs est révélatrice des généreuses convictions de Dante.

     

    II - Le Purgatoire : l’expiation.

    Au Purgatoire, montagne de purification cernée de sept corniches, sont assignées les âmes de ceux qui ont commis l’un des sept péchés capitaux, mais qui peuvent néanmoins être amendées. Le gardien des lieux est le stoïcien Caton d’Utique, homme vertueux s’il en fût, défenseur passionné des libertés républicaines.

    La peine rédemptrice infligée aux âmes dirigées vers le purgatoire est en rapport avec le vice auquel ils ont succombé. Un ange leur rappelle un passage des Béatitudes. Des exemples leur sont proposés.

     

    Première corniche : l’orgueil.

    Péché contre l’humilité, commis notamment par Lucifer et par la vielle de Troie. Expiation : portant une lourde pierre, les orgueilleux marchent courbés vers le sol, les yeux dirigés vers la terre, battant leur coulpe. Ils paraphrasent le Notre Père ; un ange leur rappelle que seront heureux les pauvres en esprit. Modèles : Marie, David et Trajan.

     

    Deuxième corniche : l’envie.

    Péché contre l’amour commis par Caïn ; mais aussi par la siennoise Sapia, pour s’être réjouie des malheurs d’autrui plutôt que de son propre bonheur. Expiation : ayant jeté des regards envieux sur les biens d’autrui, les envieux se retrouvent les paupières cousues. Ils récitent la litanie des saints, alors qu’un ange chante : heureux les miséricordieux. Exemple à suivre : Marie, Oreste.

     

    Troisième corniche : la colère.

    Péché contre la douceur commis par Marc le Lombard. Expiation : ayant cédé à un élan du corps qui obscurcissait leur intelligence, les coléreux marchent entourés d’une épaisse fumée âcre qui les empêche de voir et de sentir. Ils entonnent l’Agnus Dei, pendant qu’un ange chante : heureux les pacifiques. Modèle : Marie, Pisistrate, St Étienne.

     

    Quatrième corniche : l’acédie (paresse spirituelle).

    L’acédie est un péché contre la sollicitude, remontant aux pères de l’Église, qui consiste, par indolence ou dégoût, à ne pas s’efforcer d’atteindre au beau, au bien, au bon, au pur, au vrai. Il a été commis par les troyens en fuite qui refusèrent de suivre Énée jusqu’au terme de la longue quête qui finit par le conduire dans le Latium. Puisqu’ils ont été négligents dans l’accomplissement de leur mission sur Terre, ces pécheurs sont contraints de courir en pleurant autour d’une montagne, tandis qu’un ange chante l’une des Béatitudes : heureux les affligés. Exemples : la Sainte-Vierge… et Jules César.

     

    Cinquième corniche :

    l’avarice et la prodigalité. Premier des trois vices liés aux biens terrestres, l’avarice est un péché contre la générosité ; il a notamment commis par Midas et par Crassus, puisqu’ils thésaurisaient sans souci de l’intérêt général. Les avares sont étendus sur le sol, face contre terre, pieds et poings liés. Ils confessent que leur âme était rivée aux biens matériels : Adhaesit pavimento. Un ange chante la quatrième Béatitude : Beati qui esuriunt. En modèle de pauvreté et de libéralité : Marie, St Nicolas, et Frabricius, consul romain qui refusa un don gracieux des Samnites à qui il avait fait accorder la paix par le Sénat.

    Sixième corniche : la gourmandise.

    La gloutonnerie est un péché contre la tempérance ; il a été reproché au pape Martin IV, saint homme au demeurant, mais si bon vivant qu’il aurait trop aimé les anguilles du lac de Bolsena et le vin blanc de Vernaccio. La peau sur les os, les gloutons passent et repassent devant deux arbres qui suscitent leur faim et leur soif. ; ils subissent le classique supplice de Tantale. Ils prient Labia mea Domine, tandis qu’un ange chante la seconde partie de la quatrième Béatitude : heureux ceux que les attraits du goût n’excitent pas d’un trop vif désir de se gorger. En exemple, l’Âge d’or et St Jean-Baptiste qui se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

     

    Septième corniche : la luxure.

    C’est le péché contre la chasteté perpétré à Sodome et à Gomorrhe, mais tout autant en Italie du temps de Dante. Les luxurieux marchent dans un brasier, cernés par les flammes qui aseptiseront la blessure laissée par leur débauche ; l’un d’eux précise : « Je suis Guido Guinizelli, je me purifie, m’étant déjà repenti avant ma dernière heure ». Ils prient pour la clémence de Dieu (Summae Deus clementiaie), pendant qu’un ange entonne Heureux les cœurs purs. L’exemple à suivre est bien évidemment la Sainte-Vierge.

     

    III - Le Paradis : la récompense.

    Le Paradis comporte d’abord sept ciels planétaires :

     

    Premier ciel : Ciel de la Lune.

    Pour les esprits qui ont manqué à leurs vœux sous la pression des événements, tel Alcméon qui se montra impie pour ne pas perdre la piété, ou Piccarda Donati qui fut contrainte par sa famille de quitter le couvent où elle était entrée par vocation.

     

    Deuxième ciel : Ciel de Mercure.

    Pour les esprits actifs et bienfaisants, tel Justinien qui s’efforça de restaurer la civilisation romaine, notamment sa législation.

     

    Troisième ciel :Ciel de Vénus. Pour les esprits aimants, tel Folquet de Marseille, troubadour du XIIe siècle qui porta très haut la poésie courtoise, finit par entrer dans les ordres et devint abbé du Thoronet (Dante entend souligner l’importance de la poésie dans la vie sociale).

     

    Quatrième ciel : Ciel du Soleil.

    Pour les docteurs et théologiens, tel St Thomas d’Aquin qui sert ici de guide à Dante, après s’être présenté comme « un agneau du troupeau de St Dominique ».

     

    Cinquième ciel : Ciel de Mars.

    Pour les chevaliers du Christ, tels Charlemagne, Godefroy de Bouillon ou Robert Guiscard, fils de Tancrède d’Hauteville, qui chassa les sarrasins de la botte italienne et de Sicile.

     

    Sixième ciel : Ciel de Jupiter.

    Pour les princes pieux, justes et sages, tels David, Trajan, Constantin, ou Guillaume II le Bon, roi de Sicile qui fut un souverain estimé et aimé par ses sujets.

     

    Septième ciel : Ciel de Saturne.

    Pour les esprits contemplatifs, tels St Benoît ou Pierre Damien qui occupa les plus hautes fonctions de l’Église avant de se retirer dans un couvent sous le nom de Pierre Pécheur.

    Ensuite le Ciel des étoiles, où figurent St Pierre et la foi, St Jacques et l’espérance, St Jean et la charité.

    Enfin, l’Empyrée, pure lumière où siègent Dieu, les anges et les bienheureux.

     

    * *

     

     

    SOURCES

    http://ledroitcriminel.free.fr/la_science_criminelle/hist_soc_

    crim/sociologues/dante_la_divine_comedie.htm

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • L'ahurissante affaire des "reclus de Monflanquin" en procès

     

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    Secrets d'actualité - Les reclus de Monflanquin (1 sur 4)

     

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    Secrets d'actualité - Les reclus de Monflanquin (2 sur 4)

     

     

     

     

      

     

     Secrets d'actualité - Les reclus de Monflanquin (3 sur 4)

     

      

      

     

     

     

    Secrets d'actualité - Les reclus de Monflanquin (4 sur 4)

     

     

    Justice  Pendant dix ans, une famille noble d'un village du Lot-et-Garonne s'est coupée du monde et a été ruinée à l'instigation d'un homme qui disait la protéger d'un complot : Thierry Tilly et son complice présumé sont jugés à partir de lundi à Bordeaux.

     

      

    Les Védrines ont notamment perdu dix ans de leur vie. Pendant dix ans, onze membres de cette famille noble du sud-ouest se sont coupés du monde et ruinés en vendant leurs biens, à l'instigation d'un homme qui disait les protéger d'un complot : le procès de l'incroyable affaire "des reclus de Monflanquin" a commencé lundi à Bordeaux. Thierry Tilly, 48 ans, et son complice présumé Jacques Gonzalez, 65 ans, comparaissent en correctionnelle. Durée prévue du procès, deux semaines.

    L'histoire remonte à 1999 quand Thierry Tilly rencontre Ghislaine de Védrines, parvenant à ce qu'elle l'embauche dans son école de secrétariat. Aux autres membres de cette famille connue et aisée, il se présente comme un agent secret travaillant à "l'équilibre du monde" pour un groupement "placé au-dessus des états" et luttant notamment contre la franc-maçonnerie : la "Blue Light Foundation".

     

      

    Leur incroyable soumission

    Peu à peu, il leur fait croire qu'ils sont la cible d'un complot, mais que, s'ils financent "le combat", il peut protéger leur vie. Les sceptiques, comme le mari de Ghislaine sont accusés de tous les vices par Thierry Tilly, qui les fait rejeter par le groupe. Les autres sont terrorisés, et s'isolent brutalement de leurs anciennes connaissances. D'abord dans le château familial de Monflanquin (Lot-et-Garonne) puis au Royaume-Uni. La justice est impuissante, puisqu'ils paraissent consentir à leur situation, signent des documents et même, voyagent.

    Un jour, le frère de Ghislaine et sa compagne -qui a été séquestrée et privée de tout par le groupe pendant une semaine, pour lui faire avouer un secret de famille imaginaire-, font défection. Ils racontent alors leur incroyable soumission à Jacques Tilly. Cet homme que les juges d'instruction décrivent comme "fin psychologue, excellent juriste et manipulateur de premier ordre" est arrêté en octobre 2009.

     

      

    Il se prenait pour un agent secret

    Tous reconnus victimes d'une "emprise mentale", dont ils sont aujourd'hui libérés, les Védrines ont perdu, outre près de dix ans de leur vie, 4,5 millions d'euros de biens immobiliers et financiers, et encore des meubles, tableaux, bijoux... Thierry Tilly a, lui, vécu très confortablement grâce à cet argent. Le plus curieux, a révélé l'instruction, est qu'il était lui-même "sous l'influence de Jacques Gonzalez", président de la Blue Light Foundation -une coquille quasiment vide- arrêté en juin 2010, auquel il a reversé d'énormes sommes. Tilly se prenait semble-t-il vraiment pour un agent secret.

     

      

    Toujours en prison, Thierry Tilly est entre autres jugé pour abus de faiblesse de personne en état de sujétion psychologique pour toute la famille. Jacques Gonzalez, malade et libre sous contrôle judiciaire, est jugé pour complicité et recel d'abus de faiblesse. Ils risquent dix et cinq ans de prison. L'avocat de Thierry Tilly, Me Novion, juge "grotesque" de parler de "secte" et de "gourou" dans cette affaire, et espère que le procès "ne s'écartera pas de la logique rationnelle". Me Picotin, avocat de plusieurs parties civiles et spécialiste des sectes, juge au contraire l'affaire "emblématique du problème, mal pris en compte en Europe, de la manipulation mentale", et espère que le procès "fera comprendre qu'elle peut frapper les gens les mieux installés dans la vie".

    Ghislaine Marchand, membre de cette famille, raconte à TF1 son calvaire.

    "Ça peut arriver à tout le monde", dit-elle.


      

       

      

    Affaire de Monflanquin : comment expliquer l'emprise mentale et comment s'en  détacher ?
    En savoir plus sur

      

    h ttp://www.atlantico.fr/decryptage/affaire-monflanquin-comment-expliquer-emprise-mentale-et-comment-en-detacher-493386.html#mBEWuKvYcXTXBX5s.99 

     

      

      

      

     

     

     

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    En 1983, une jeune fille du même institut que les disparues était enlevée et torturée. A-t-elle été la seule?

     
     
    Par SANTUCCI Françoise-Marie
    Libération

     

     

    Depuis vingt ans, la région d'Auxerre bruisse de rumeurs: des notables adeptes de ballets bleus ou de ballets roses, des réseaux de prostitution, des protections et des dossiers étouffés.

      

    A l'heure actuelle, rien ne permet de le prouver. Mais il y a des histoires étranges. Celle d'Appoigny, par exemple, un village non loin d'Auxerre.

      

    Salle de torture. Le 22 janvier 1984, les policiers débarquent allée des Violettes, au domicile de Claude et Monique Dunand. Ils découvrent, dans la cave du pavillon, une jeune femme entravée sur une croix, torturée. C'est une autre jeune fille, séquestrée au même endroit pendant plusieurs mois, qui a donné l'alerte après avoir réussi à s'enfuir.

      

    Toutes les deux sont brûlées au fer, victimes d'éventrations que les «clients» de Claude Dunand leur infligeaient. Car, dans la cave, on venait consommer de la torture, avec les tarifs affichés sur la porte.

      

      

    A l'intérieur du pavillon, les policiers saisissent deux carnets, qui contiennent la liste des adeptes. Des clients. Hormis pour un ou deux d'entre eux, on ne remontera jamais les pistes. Et pour cause: les carnets ont disparu du palais de justice d'Auxerre. Un magistrat de l'époque l'affirme, un avocat confirme: «Ils ont été retirés de l'instruction, jamais exploités.

      

    L'affaire Dunand a été étouffée. Il y avait des réseaux, mais on n'a pas trop cherché.» Un exemple: l'enquête avait établi que Claude Dunand déménageait souvent, qu'il choisissait des pavillons isolés où il décorait avec soin sa salle de torture. «Mais on n'a rien fouillé, nulle part.»

      

    Autre bizarrerie : si Dunand se livrait à de telles pratiques depuis longtemps, comment imaginer, avance le même avocat, qu'il n'y ait pas eu d'autres victimes? «Les deux jeunes filles d'Appoigny furent sauvées in extremis.

    D'autres, auparavant, ont dû mourir.»

    Quel serait, alors, le lien avec l'affaire des disparues ? Avec Emile Louis ?

      

    Le fait que l'une des deux filles était issue de la Ddass et auparavant scolarisée à l'IME Grattery, comme quatre des disparues.

      

    Et, pour l'avocat, «peut-être que certaines disparitions attribuées à l'un sont le fait de l'autre». Une chose est sûre, affirme-t-il: « si ça se passait aujourd'hui, il y aurait déjà vingt personnes en prison, on fouillerait partout et on découvrirait des cadavres.»

      

    Le 1er novembre 1991, Claude Dunand était condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par les assises de l'Yonne.

    Lieux de prostitution. Afin d'explorer toutes les pistes, les parties civiles ont demandé à ce que les familles consultent, chez les gendarmes, la circulaire extraite d'un fichier pédophile.

      

    C'était en juillet 2000. Parmi les quelque 500 clichés, souvent anciens et de mauvaise qualité, Ginette Lemoine pense reconnaître sa soeur Françoise, sur la photo numéro 245. Mais, selon les policiers, des «éléments» le prouverait : ce n'est pas Françoise.

      

    Au début des années 80, des témoins affirment avoir croisé certaines des disparues sur des lieux de prostitution. Une piste reprise par Emile Louis lors de son interrogatoire du 16 janvier: après s'être rétracté, il précise avoir vu des hommes, appartenant à «un réseau de prostitution, enterrer des corps».

    Pourquoi n'en dit-il pas plus?

      

    En 1996, après l'une des émissions Perdu de vue consacrée aux disparues, Jean-Pierre Weis reçoit un étrange coup de fil.

      

    Jean-Pierre est le frère de Jacqueline, tous deux enfants de la Ddass et placés chez les époux Louis au début des années 70.

      

    C'est l'ex-épouse d'Emile qui l'appelle. Elle veut parler de Jacqueline. Et raconte ça à Jean-Pierre: « J'ai vu Emile récemment. Il est venu me voir. Je lui ai demandé s'il y était pour quelque chose dans ces histoires. Il m'a répondu, quasiment en pleurs, qu'il ne pouvait rien dire, parce qu'on le menaçait. » 

      

    Jean-Pierre Weis n'en saura guère plus. Depuis, Mme Louis est morte. Comme beaucoup d'anciens témoins, directs ou indirects, de cette affaire.

     

     

     

     

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    Enquêtes criminelles-rumeurs assassines , faux temoignages

      

      

     

    Procès en révision : Loïc Sécher reconnu innocent

     

    Publié le 24.06.2011


     

      

    «Je dirais que la justice des hommes est passée.» Loïc Sécher, 50 ans, a été acquitté vendredi à Paris à l'issue de son procès en révision, voyant définitivement annuler sa condamnation à 16 ans de réclusion pour le viol d'une adolescente, Emilie, 14 ans à l'époque, qui l'avait accusé à tort, avant de se rétracter. Depuis 1945, il est le 7e condamné aux assises à avoir obtenu une révision de son procès.     

     

     «La cour et le jury ont acquis la certitude qu'aucune charge ne pouvait être retenue contre vous, ce n'est pas un acquittement au bénéfice du doute», a déclaré la présidente Nadia Ajjan. La salle a applaudi à l'annonce de la décision, rendue après deux heures de délibéré.

    «Je pense que pour Emilie, (ce procès) était nécessaire, pour qu'elle puisse se reconstruire», a commenté Loïc Sécher à la sortie de l'audience. «Moi, il y a bien longtemps que j'avais mes convictions, je pense que c'est pour elle que ça va apporter une libération», a-t-il ajouté. Questionné sur ce qu'il souhaitait maintenant, «la paix, continuer à rester en paix et retourner dans l'anonymat le plus tôt possible», a-t-il répondu. Dans l'immédiat, l'homme veut se «reposer».

    Son «cri d'innocence»

    Juste avant que la cour d'assises d'appel de Paris ne se retire pour délibérer, Loïc Sécher avait «renouvelé (son) cri d'innocence» et eu une pensée pour son père, décédé en début d'année. La veille, au nom du «bien de la justice», l'avocat général, François-Louis Coste, avait requis l'acquittement, après avoir dit son «admiration» pour cet homme qui, fracassé par onze ans d'humiliations dont plus de sept en prison, reste dénué de haine à l'égard de celle qui l'avait accablé.

    Fin 2000, Emilie, résidant comme Loïc Sécher à La Chapelle-Saint-Sauveur, village de 700 habitants en Loire-Atlantique, l'avait accusé de viols et d'agressions sexuelles. Les confidences de cette jeune fille mal dans sa peau avaient été, prises à la lettre. Les parents ont été alertés, puis les gendarmes.

    Une enquête bâclée, des témoignages discutables

    Avaient suivi une enquête bâclée, des expertises psychiatriques aujourd'hui critiquées, des témoignages discutables, une instruction défaillante...Gendarmes, professeurs, experts, sont venus témoigner au procès. Certains ont admis des erreurs, d'autres pas. Dans cette affaire «parole contre parole», Emilie avait été jugée «crédible» et exempte de propension à fabuler, alors que Loïc Sécher était décrit comme manipulateur et potentiellement dangereux, coupable idéal, en somme.

    Une «gosse touchante» capable de dire «n'importe quoi, à n'importe qui, à tout moment»

    Il s'avèrera aussi par la suite qu'Emilie pouvait dire «n'importe quoi, à n'importe qui, à tout moment», a dit l'avocat de Sécher, Me Dupond-Moretti. «Elle était tellement touchante, cette gosse, qu'on n'a pas vu qu'il y avait dix vérités dans sa bouche d'enfant malade...»

    Loïc Sécher avait donc été condamné à 16 ans de prison en 2003, peine confirmée en appel en 2004, puis en cassation. L'affaire semblait close. Mais, en 2008, Emilie avouait avoir menti et se rétractait officiellement dans une lettre au procureur. En 2010, la Cour de révision ordonnait la libération de Loïc Sécher et un nouveau procès.

     

     

    Leparisien.fr avec A

     

     

      

      

    sources

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/proces-en-revision-loic-

    secher-reconnu-innocent-24-06-2011-1506844.php

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Faites entrer l'accusé - Albert Millet, le sanglier des Maures

     

     L'affaire Albert Millet

     

    Synopsis :En 1954, Millet a 25 ans. Il court les dancings et rencontre Paulette, 15 ans dont il tombe amoureux. Parce que la tante de la belle s'oppose à leur amour, il la crible de balles, un crime pour lequel il purge vingt ans de prison. A sa sortie, il épouse Fernande, qu'il tue dans un accès de colère en 1973. Millet repart en prison. A sa sortie, il a 72 ans et, cette fois, c'est Gisèle qui lui tend les bras. Mais sa violence à son égard le renvoie en prison. Il en sort à 78 ans et s'entiche de Chantal, dont il tue l'amant avant de prendre le maquis. La police à ses trousses, il grimpe la colline où il finit par retourner son arme contre lui. Cette fois, le vieux sanglier n'en réchappe pas.

     

    Albert Millet. Si ce nom ne vous dit rien, Millet est pourtant un criminel au passé surprenant.

    Tout commence pour Albert Millet en 1954, alors qu’il est âgé de seulement 25 ans. Lors d'une soirée, le jeune homme rencontre une très jeune fille dont il tombe amoureux, mais cet amour n’est pas du goût de la tante de la jeune fille en question. Millet décide donc de la tuer. Il sera alors condamné à 20 ans de prison pour ce crime.

    A sa sortie de prison, Millet tombe amoureux de Fernande, une femme qu’il épouse et qu’il finit par tuer, emporté par sa violence. Retour en prison, d’où il ne sort qu’à 72 ans pour tomber dans les bras de Gisèle. Là encore, l’homme se montre trop violent et retourne en prison. A 78 ans, il sort et tombe amoureux de Chantal dont il tue l’amant avant de finalement s’enfuir. La police le traque et Albert Millet se suicide. C’est la fin de son épopée criminelle qui aura duré de nombreuses années.

     

     Albert Millet. Un criminel au destin hors norme. A Hyères, on n’est pas prêt de l’oublier. A 20 ans, comme à 80, l’homme n’a jamais supporté d’être éconduit. Car Albert ne transigeait pas avec l’amour. Quand sa belle ne voulait plus de lui, il la tuait ou l’agressait. Il y a eu Paulette en 1954. Fernande en 1979. Gisèle en 2002. Et puis, Chantal en 2007...

    Comme le sanglier, Albert chargeait. Comme le sanglier, il se cachait dans le maquis, ses forfaits accomplis. Les balles des gendarmes, les années de prison n’y ont rien fait. Comme le sanglier, Albert Millet avait la peau dure. C’est comme cela, qu’on l’a surnommé dans son pays : le sanglier des Maures. Tout commence en 1954. Millet a 25 ans. Avec sa petite gueule de jeune premier, il court les dancings et rencontre Paulette.

    Une fille de quinze ans dont il tombe très amoureux. Mais la tante de sa dulcinée ne l’entend pas de cette oreille : en toute décence, Paulette ne peut pas fréquenter un homme dont le passé est déjà émaillé de larcins. Et pour mieux en persuader Millet, elle le gifle
    devant tout le monde ! Une humiliation qu’il ne supporte pas. Le 3 avril 1954, sans hésiter, il crible de balles la tante de Paulette en pleine rue. C’est là que naît la légende du Sanglier des Maures...
    Parce qu’il se réfugie dans le maquis et surtout parce qu’il réchappe des trois balles que les policiers lui collent dans la peau quand ils mettent la main sur lui. Il faut croire que son son heure n’était pas venue.

    Condamné à la peine de mort pour ce crime, sa sentence est finalement commuée en travaux forcés ! Vingt ans plus tard, Albert Millet sort de prison. Et en août 73, il épouse Fernande avec qui il entretenait une correspondance alors qu’il était derrière les barreaux. Epoux modèle, il se tient à carreau. Mais ses vieux démons ne tardent pas à ressurgir. Possessif, jaloux, il la harcèle.

      

    Son appétit sexuel est insatiable. Fernande n’en peut plus et le lui dit. Alors dans un accès de colère, Millet se jette sur elle et la tue d’un coup de dague.

      

    Dans la vieille ville d’Hyères, c’est la panique. L’homme tire partout depuis sa fenêtre, en menaçant de se suicider. Il joue le veuf éploré, désespéré d’avoir "tué une sainte" ! Le GIPN débarque. Mais ce sont les curés d’Hyères qui le ramènent à la raison. Millet repart en prison. A sa sortie, il a 72 ans dont 40 en prison. Mais toujours le coeur tendre.

      

    Et cette fois, c’est Gisèle qui lui tend les bras. Gisèle pour laquelle Millet dépense sans compter jusqu’à ce qu’elle aussi se lasse des assiduités du vieil homme. Alors, une fois encore, Millet rumine et se fâche. Il ne la tue pas mais il la blesse. Et il retourne en prison !

    Il en sort à 78 ans. A Hyères, on le croit maintenant guéri des femmes, "guéri de tuer". Mais depuis la fenêtre de sa petite chambre d’hôtel, il remarque Chantal… Et l’histoire se répète. Quatre mois, plus tard, Millet débarque chez elle, arme au poing, parce qu’il ne supporte plus qu’elle reçoive un autre homme que lui. Il tire, et cette fois, il tue son rival. Comme toujours, Millet prend ensuite le maquis. La police à ses trousses, il grimpe la colline où il finit par retourner son arme contre lui. Cette fois, le vieux sanglier n’en réchappe pas.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Charles « Lucky » Luciano (24 novembre 1897, Lercara Friddi, Sicile, Italie - 26 janvier 1962, Naples, Italie) est un mafieux italo-américain né sous le nom de Salvatore Lucania. Il fut certainement le criminel dont l'influence historique fut la plus grande.

      

    Le magazine Times l'a classé parmi les principaux bâtisseurs d'empire du XXe siècle : un empire du crime. Deuxième « Capo di tutti Capi » (chef de tous les chefs) après l'assassinat de Salvatore Maranzano, Luciano a été le véritable créateur du trafic international d'héroïne.

     

      

      

    Lucky Luciano, l'un des plus grands criminels que le monde ait jamais connu, est né sous le nom de Salvatore Lucania, à Lercara Friddi (en Sicile), en 1896, et est mort à Naples en 1962. Il fut certainement le criminel dont l'influence historique fut la plus considérable. Deux versions différentes expliquent l'origine de son surnom "Lucky" (le chanceux). La plus romancée le rattache à un passage à tabac, en 1926 (un "long tour" en argot, la victime étant emmenée en voiture dans un endroit tranquile). Selon les versions, il s'agissait des sbires d'un des deux principaux parrains new-yorkais, Masseria ou Maranzano. Il s'en était sorti miraculeusement vivant, et cela avait causé plusieurs cicatrices faciales, dont l'une endommagea une paupière, toujours à moitié fermée. La version la plus vraisembable indique qu'il misait souvent sur le bon cheval lorsqu'il jouait aux courses.

     

    Jeunes années :
    Luciano immigra avec ses parents en 1906. Il commenca très tôt par le vol à l'étalage et le racket des garçons juifs plus jeunes en échange de sa protection. C'est ainsi qu'il rencontra meyer lansky envers qui il conserva une indéfectible amitié. À 18 ans, Luciano fut arrêté alors qu'il livrait de l'héroïne et passa six mois en prison. Sa notoriété s'accrut au sein du Five Points Gang, dont il devint un membre important. En 1920, il était un bootlegger puissant, en association avec Frank Costello, meyer lansky et bugsy siegel, et accessoirement Joe Adonis et vito genovese. À la même période, Costello lui fit rencontrer Dutch Schultz et Arnold Rothstein.

     

     

     

    La guerre des Castellammarese :
    Lucky Luciano rejoignit ensuite la famille d'un des plus puissants parrains de New York, joe masseria. Alors que Luciano enrageait de voir de nombreuses opportunités de business s'envoler en raison du chauvinisme antisémite de la mafia, Masseria se méfiait de son ambition. Les épisodes suivant constituent l'épopée de la guerre des Castellammarese: les familles Masseria et celle de son rival salvatore maranzano s'affrontèrent de 1930 à 1931, avec pour conséquence plusieurs dizaines d'assassinats. Pour mettre fin à cette hécatombe et manigançant (avec Meyer Lansky) un plan pour prendre le pouvoir, Luciano passa un marché avec Maranzano, pour trahir Masseria, assassiné alors qu'il se trouvait avec lui au restaurant (Luciano était passé aux toilettes pour son alibi), avant de se retourner contre son nouveau patron.

    La vision de Luciano, son projet de syndicat du crime, sa volonté de bousculer les vieilles traditions de la mafia, ses relations (en particulier Meyer Lansky) et son sens aigu de la stratégie, ainsi qu'un charisme indéniable, amenèrent Lucky Luciano, désormais parrain de l'une des cinq familles de la Cosa Nostra de New York, a devenir le chef criminel dominant de la Commission (la direction du Syndicat national du crime), à l'issue de la guerre des Castellamarese en 1931.

     

     

    L'emprisonnement :
    Tout comme Rothstein, Torrio, Costello et Lansky, Lucky Luciano restait sobre, tant pour l'alcool que pour le sexe (bien qu'ayant été victime de plusieurs MST). C'est pourtant de ces deux vices (en plus du jeu), qu'il tirait le plus fort de ses revenus au début des années 1930. Luciano aurait projeté d'organiser la prostitution selon des procédés d'optimisation industrielle.

      

    Cependant, en 1936, le procureur Thomas Dewey mit à jour son réseau de prostitution et Luciano fut arrété pour proxénètisme. Lors du procès, plusieurs prostituées et souteneurs furent appelés à témoigner, et Luciano écopa d'une peine de 38 ans d'emprisonnement. Son avocat parvint à le faire transférer à la prison de Dannemora (au lieu de la prison plus dure de Sing Sing). Grâce à ses accointances politiques, il put y bénéficier d'un traitement de faveur et recevoir régulièrement ses associés, ce qui lui permit de continuer à gérer son empire.

     

     

    La Seconde Guerre mondiale :
    Lorque les États-Unis s'engagèrent dans la Seconde Guerre mondiale, Lucky Luciano sut tirer profit de la situation. L'ONI (services secrets de l'US Navy) fut intéressée par la capacité de Luciano de contrôler les docks de New York (par l'intermédiaire d'Albert Anastasia et du syndicat des dockers) contre d'éventuelles opérations de sabotage d'agents nazis. Ses services inclurent aussi des contacts avec le parrain de Palerme, calogero Vizzini, pour faciliter le déroulement de l'invasion, par les troupes alliées, de la Sicile en 1943.

      

    Conformément au marché passé avec la marine, Luciano, après avoir bénéficié de conditions de détention plus clémentes, fut libéré une fois la guerre finie, mais il fut expulsé du territoire des États-Unis, dont il ne possédait pas la citoyenneté, en 1946. Il dut s'installer en Italie, pays d'origine où il n'avait vécu que six ans .

     

    La Conférence de La Havane :
    En décembre 1946, poursuivant un voyage qui l'avait amené au Vénézuéla et au Mexique, Luciano se rendit à Cuba où il organisa (avec meyer lansky, Frank Costello et Joe Adonis) la conférence de La Havane, qui fut l'occasion pour lui de réaffirmer son leadership sur le Syndicat du crime. Albert Anastasia, Joseph Bonanno, vito genovese, Tommy Lucchese, Carlos Marcello, Willie Moretti, Joe Profaci et Santos Trafficante étaient également présents. À cette occasion, des décisions de première importance furent prises, telles que l'investissement massif dans les casinos de La Havane, et l'assassinat de bugsy siegel, qui après ses investissements à Las Vegas, n'avait pas pu rembourser les sommes prêtées par la Commission.

      

    Par ailleurs il formula un arbitrage dans la rivalité entre Albert Anastasia (chef de l'une des cinq familles) et vito genovese. Ce dernier, ambitieux vindicatif souhaitant le retrait de Luciano (la gestion de sa famille, que convoitait Genovese, avait été confiée à Costello et Lansky), provoqua une vive altercation. En février 1947, Luciano fut de nouveau expulsé vers l'Italie suite à des pressions du gouvernement états-unien sur le gouvernement cubain de Fulgencio Batista.

     

    Le trafic international d'héroïne :
    En 1947, Luciano s'installa à Naples (officiellement en tant que chef d'une entreprise d'import-export), où il tissa des liens avec les mafia italiennes, la Camorra, la N'dranghetta et les familles siciliennes. Considérant les énormes bénéfices potentiels d'un marché en pleine expansion, il souhaitait organiser un trafic international d'héroine, malgré les récriminations qu'il avait auparavant formulé envers vito genovese, précurseur contrarié sur ce terrain. En octobre 1957, il organisa au Grand Hotel des Palmes à Palerme une conférence à laquelle participèrent les principaux parrains siciliens ainsi que des représentants des cinq familles new-yorkaises, dont Joseph Bonanno et son consigliere (conseiller et bras droit) Carmine Galante.

    Il concrétisa ainsi des liens solides entre les mafias américaine et sicilienne et mit en place des filières de trafic d'héroïne : l'opium provenant de Turquie était raffiné en Italie. Il aurait également forgé des liens déterminants avec les trafficants corse et la pègre marseillaise, notament Antoine Guérini, dont les réseaux de trafic de drogue furent connu sous l'appellation de French Connection.

     

      

    La fin :
    En 1959, il piégea vito genovese lors d'une transaction d'héroïne dont furent averties les autorités fédérales. Au début des années 1960, il entra en conflit avec meyer lansky, qu'il soupçonnait de détourner des sommes qui lui étaient dues, mais renonça à agir. En janvier 1962, Lucky Luciano fut terrassé par une crise cardiaque à l'aéroport de Naples. Il a été supposé qu'il a pu être empoisonné. Il a été enterré aux États-Unis, la loi américaine ne considérant pas qu'un cadavre a une nationalité quelconque.

     

     

     

    http://nyhistorywalks.wordpress.com/tag/lucky-luciano/

     

     

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    , par G.Moréas

    Le Quai des Orfèvres sous l’Occupation

    Ce 16 juillet 1942, au petit matin, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards furent arrêtés à leur domicile et regroupés dans les commissariats avant d’être parqués au Vel’ d’Hiv’. Aujourd’hui, alors que le Président Hollande commémore le 70° anniversaire de cette rafle funeste, il est légitime de s’interroger sur le comportement des policiers et des gendarmes qui ont – sagement – obéi aux ordres. Et notamment à la préfecture de police de Paris qui vient d’ouvrir ses archives sur ce sujet sensible. Il faudra attendre fin 1943, alors que la politique du maréchal Pétain se fait de plus en plus répressive, pour qu’un véritable mouvement de résistance apparaisse enfin dans la police parisienne.

    Pour certains policiers, c’était leur deuxième intervention au Vel’ d’Hiv’. En effet, en mai 1940, donc avant le régime de Vichy, cinq mille femmes réfugiées en France pour fuir le nazisme des années 30 avaient été enfermées dans ledit vélodrome. La plupart seront transférées au camp de concentration français de Gurs et beaucoup y mourront. Il semble que parmi les survivantes, certaines ont même joué un rôle actif dans la résistance, mais leur souvenir s’est perdu. Lilo Petersen, qui a été victime de cet internement alors qu’elle était enfant, a écrit un livre Les oubliées, chez Jacob-Duvernet, dont on peut trouver une courte analyse ici.

    Si les policiers d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ce fragment de notre histoire (ils n’étaient même pas nés), il est étonnant que les nombreux ouvrages consacrés au Quai des orfèvres n’y fassent pratiquement pas allusion ; alors qu’il est souvent question de la résistance, d’abord passive, puis plus active, menée par certains fonctionnaires de la préfecture de police, comme dans la remarquable trilogie De la Résistance à la Libération que l’on peut télécharger gratuitement sur le site de la PP.

    Mais j’ai déniché l’exception : le livre de Clovis Bienvenu qui, sous un titre rebattu « Le 36, quai des Orfèvres » (Éditions PUF), met carrément les pieds dans le plat. « Force est de constater, dit-il, qu’au titre de la collaboration d’État la police judiciaire du quai des Orfèvres a activement participé à la lutte contre le communiste et à la chasse aux Juifs. »

    Pourtant, nulle part, poursuit-il, il n’y a trace « des compromissions, des trahisons, des enquêtes diligentées à la demande des autorités allemandes ». Comme de cette enquête menée par les policiers de la brigade spéciale de la PJ pour interpeller Pierre Georges. Ce jeune homme de 22 ans, auteur du meurtre d'un militaire allemand, le 21 août 1941, au métro Barbès, a sans doute, avec deux balles de calibre 6.35, modifié le cours de l’histoire, marquant le début de la révolte armée contre l’Occupant. Arrêté l’année suivante, il fut sérieusement passé à tabac avant d’être livré aux Allemands. Bizarrerie de l’histoire, lors de la libération de Paris, alors que les policiers tirent sur les Allemands, lui se trouve à la tête d’un commando FFI. Il établit la jonction avec la 2° DB et l'aide à reprendre à l’ennemi les quartiers proches de la préfecture de police. Une station de métro porte son nom de guerre : Colonel Fabien.

    À cette époque-là, la brigade spéciale dépend du 36 et la « brigade des attentats » lui est rattachée. Pour la direction de la PJ, il est question d’une brigade antiterroriste. Les terroristes des uns étant les résistants des autres. En tout cas, la chasse est ouverte. D’autant que les Allemands récompensent toute arrestation de « terroriste » par des espèces sonnantes et trébuchantes. Mais la PJ et les RG se livrent une rude concurrence. On flagorne les Fridolins. Finalement, ce sont les renseignements généraux qui emportent les faveurs de l’Occupant. En janvier 1942, une deuxième brigade spéciale est alors créée, mais cette fois au sein de ce service. (C’est la seule dont on parle aujourd’hui.) Le patron de la PJ, Guillaume Tanguy, a perdu et les affaires « patriotiques » deviennent le monopole des RG. Trois ans plus tard, les gens du 36 vont tirer profit de cette déconvenue en forgeant la légende d’une police judiciaire exempte de tout acte de collaboration.

    C’est l’époque des promotions extravagantes et nombreux sont ceux qui sont sensibles à la carotte. Quelques-uns résistent et œuvrent en douce, comme ce jeune policier, Jacques Beuguin, affecté au « service des répressions raciales », qui utilise mille stratagèmes pour réduire le nombre de Juifs déférés aux Allemands, sans éveiller les soupçons de sa hiérarchie.

    Et tandis que la police parisienne sert la soupe aux occupants et que le Tout-Paris flirte au One-Two-Two avec les officiers allemands, les truands s’en donnent à cœur joie. Souvent en cheville avec des barbouzes collabos, ils dépouillent les familles fortunées en se faisant passer pour des policiers allemands.

    Pourtant, on est encore loin de la fronde au sein de la PJ. Ainsi, en juin 1943, lors de la création de la sous-direction des affaires juives (ex-service Tulard), le commissaire divisionnaire Charles Permilleux motive ses troupes par des instructions précises : « Il appartient désormais à la préfecture de police d’assurer l’exécution des mesures de police ordonnées par les autorités d’occupation. La police française n’a pas à se faire juge, elle exécute les ordres donnés ».

    À la Libération, on parle d’épuration dans la police. Une brigade anti-Gestapo est créée. Installée quai de Gesvres, elle est chargée d’enquêter sur la Gestapo française, la Carlingue, pour les intimes. Voici ce qu’écrit son fondateur, le commissaire Georges Clot : « La Gestapo française fut, à cette pénible époque, un dangereux poison qui atteignit tous les organes du corps français. C’est triste à dire, mais c’est la vérité… Quelquefois, nous étions saturés de dégoût, nous ne savions plus où se trouvaient les limites du mal. : un cancer généralisé. » Et puis, un jour de septembre 1945, on leur a dit d’arrêter. La brigade anti-Gestapo a été dissoute. Pour les autorités, il était temps d’oublier.

    Je ne connais pas Clovis Bienvenu. Il est présenté comme officier de police judiciaire. J’ai tenté de le joindre, via son attachée de presse, mais sans succès. Son livre comprend d’autres volets : les années grises, le conflit algérien, etc. On peut lire la table des matières sur le site des Presses Universitaires de France. C’est un livre rare, et même si l’on a parfois du mal à suivre le fil, c’est passionnant.

     

     

    Sources

    BLOG de Monsieur Georges MOREAS,

    Commissaire Principal de Police Honoraire

    de la Police Nationale

    http://moreas.blog.lemonde.fr/2012/07/22/le-quai-des-orfevres-sous-loccupation/

     

     

     

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    IL ETAIT UNE FOIS LE ROMAN NOIR.

     

    A l'époque de la prohibition et du gangstérisme, alors que s'installe un climat policier aux Etats-Unis, naît le roman noir. Une contribution majeure à la littérature engagée. A l'origine, ce nouveau genre littéraire surnommé le "hard boiled" correspond au récit criminel américain, se situant dans un contexte social et politique qui rend compte de la violence urbaine. Très tôt, le roman noir a eu en France ses défenseurs, de Gide à Malraux, d'Aragon à Boris Vian - traducteur de Raymond Chandler et de James Cain.
     

      

      



    Dashiell Hammett est considéré comme le véritable père du roman noir américain, lorsqu'il publiera ses premières nouvelles dans la revue "Black Mask" et surtout lorsque parut ses deux premiers romans "La moisson rouge" et "Sang maudit", en 1929. Le premier traite du thème de la municipalité pourrie, nettoyée par une guerre entre bandes rivales déclenchée par l'Op. Le second, nous plonge dans l'univers des sectes, de la manipulation des esprits et de la folie. Avec ses premiers romans, Hammett précipite le roman policier dans le monde contemporain, on passe du "whodunit" "qui l'a fait?" au style "hard boiled" "dur à cuir".
     

      

      

      



    C'est en 1933, qu'un autre fondateur du roman noir américain commence à écrire dans la célèbre revue Black Mask, dont Hammett est l'auteur vedette : Raymond Chandler. Dès son premier roman, il fera de Philip Marlowe l'un des héros littéraires les plus connus dans le monde, l'archétype du privé. L'accueil enthousiaste que connaît "Le grand sommeil" en 1939, est en vérité le résultat d'un travail dont la rédaction ne réclama que trois mois de labeur. En effet, il utilisera la méthode de "cannibalisme", qui consistait à relier entre eux, des textes déjà parus. Il avouera dans diverses lettres, l'emprunt à trois nouvelles, mais en vérité il y a des traces d'au moins trois autres textes précédents, signés de sa main bien sûr ...

     

     




    Enfin, pour avoir écrit "Dark hazard" l'un des plus beaux romans des années 1930, William Riley Burnett mériterait amplement de figurer au panthéon des grands auteurs américains, au même titre que Hammett et Chandler. Il n'en est rien, Burnett reste un écrivain "sans étoile". Son premier roman "le petit césar" paru en 1929, retrace la montée en puissance et la chute de César Bardello, visiblement inspiré du personnage d'Al Capone. Ce livre plein de violence et de fureur, fait un portrait sans concession du gangster violent et brutal, qui servira de modèle à bon nombre d'ouvrages et de films, notamment le "Scarface" d'Howard Hawks, dont le scénario sera rédigé par Burnett lui-même, avant d'être réécrit par Ben Hecht.

     

     




    Enfin, on associera à ces trois géants de la littérature américaine, Chester Himes qui lors d'un voyage à Paris dans les années cinquante, rencontre Marcel Duhamel, qui lui ouvre les portes de la fameuse "série noire". Fossoyeur Jones et Ed Cercueil, deux flics noirs qui tentent de maintenir l'ordre dans un Harlem haut en couleur, vont ainsi faire leur apparition dans "La reine des pommes" grand prix de littérature policière en 1958, qui fait figure aujourd'hui de grand classique du roman noir.

     

     

     

     


    Avec Hammett, Chandler et Burnett le roman noir est né. Il est le reflet de la société de l'époque, l'insécurité étant sa caractéristique dominante. "Il décrit une jungle sociale, une jungle d'asphalte", dit William Riley Burnett. La nuit et la ville, sont le temps et l'espace de tout bon bouquin, qui se réclame de ce nouveau genre littéraire, qui a été, dans ce cadre, le genre qui a le mieux exploité les possibilités d'un certain fantastique moderne. Cet aspect s'est trouvé encore accentué au cinéma, durant la grande époque du film noir, dont Humphrey Bogart représenta une des grandes figures. Aujourd'hui, le roman noir est loin de son déclin, avec l'apparition notamment du grand James Ellroy, et reste le genre littéraire le plus pratiqué et le plus lu, actuellement.

     

     

    sources

    http://noirsuspense.blogspot.fr/2011/10/info-polar.html

     

     

     

     

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    Faites Entrer L'accusé  -  Le Meurtre De Maître Flauder  

     

     

    Synopsis : Une nuit de février 1980, le corps de Jean Flauder, notaire, est retrouvé sur le bas-côté d'une route de Meurthe-et-Moselle. Il a été tué de plusieurs balles. Malgré une analyse rigoureuse des dossiers «chauds» de maître Flauder, l'enquête n'aboutira pas. Neuf ans plus tard, Arnaud Thomas-Chevallier, notaire concurrent, confie avoir tué Jean Flauder.

      

    Arnaud Thomas-Chevallier est l'archétype du notable de province au-dessus de tout soupçon : notaire, fils d'un bâtonnier, neveu d'un professeur de droit et mari d'un procureur de la République. Il a été condamné lourdement, mais est-il vraiment coupable ?

      

    Aujourd'hui, il est libre et espère obtenir la révision de son procès. Arnaud Thomas-Chevallier revient sur l'affaire et expose les éléments qui, selon lui, l'innocentent ainsi que les zones d'ombre de ce dossier.

     

     

    Un notaire de Longwy jugé pour le meurtre d'un confrère, il y a quinze ans Nancy, correspondance Le notaire Arnaud Thomas-Chevallier répond à partir d'aujourd'hui devant la cour d'assises de la Meuse à Bar-le-Duc de l'assassinat de son confrère Me Jean Flauder, abattu en 1980.

     

    Le cadavre de maître Jean Flauder, notaire à Cons-la-Grandville, à quelques kilomètres de Longwy, fut découvert au bord d'une route , à la sortie de Muzeray, (Meuse), le 5 février 1980, vers 2 heures du matin. Il a été abattu de six balles de revolver dans la nuit du 4 au 5. L'enquête s'oriente vers le couple Clarenn, bénéficiaire du testament holographe d'une veille dame, déposé à l'étude de maître Flauder. Les héritiers de sang contestent cette donation et engagent une procédure dans laquelle maître Flauder devait témoigner. Le couple Clarenn fut inculpé et incarcéré avant de bénéficier d'un non-lieu en 1985.

     

    L'affaire rebondit après un concours de circonstances. En 1989, la PJ de Nancy est saisie d'une enquête sur les malversations financières dont est soupçonné maître Arnaud Thomas-Chevallier, dans le cadre de son étude notariale à Longwy. Le 7 décembre, le notaire est inculpé d'abus de confiance par un juge de Briey et placé sous mandat de dépôt. Avant de quitter le palais de justice Thomas-Chevallier demande à s'entretenir seul avec sa maîtresse, Françoise Canton.

      

    Il lui demande de se rendre le soir-même à son étude pour y récupérer un sac d'écolier contenant des dossiers compromettants et une arme. «Il ne faut pas qu'il la trouve», affirme le notaire. «Pourquoi, tu as tué quelqu'un?», s'inquiète Françoise Canton. «Oui, Flauder», répond le notaire. «Quand?», insiste la maîtresse. «En 1980, juste avant que ma tête n'éclate», répond le notaire en faisant allusion à la rupture d'anévrisme qu'il a subie le 8 février 1980. «Pourquoi?», demande encore l'amie. «Je n'en sais rien, je suis fou.»

     

    Le soir même, Françoise Canton fait contacter l'épouse du notaire, Nadine Thomas-Chevalier, procureur de la République à Bourges. Celle-ci alerte à son tour le procureur de la République de Briey. Le 9 décembre, une perquisition à l'étude permet de découvrir le sac contenant des testaments en blanc et un revolver 22 long rifle à six coups. L'arme retrouvée à l'étude de Thomas-Chevallier est expertisée: c'est l'arme du crime.

     

    Le dossier est rouvert. Interrogé à plusieurs reprises, l'ancien notaire de Longwy (destitué en octobre 1990 pour «cause de maladie») nie les faits qui lui sont reprochés. «Je n'avais aucune raison d'en vouloir à maître Flauder.» Quant à l'arme retrouvée à son étude, elle lui aurait été volée en 1980.

     

    Quelles raisons auraient pu avoir Thomas-Chevallier de se débarrasser de son confrère? Les magistrats de la chambre d'accusation de Nancy émettent deux hypothèses. La première concerne le testament holographe de la vieille dame en faveur des époux Clarenn. L'associé de Thomas-Chevallier, maître Person, représentait les héritiers de sang. De son côté Thomas-Chevallier avait encaissé sur son compte personnel (et non pas sur le compte de l'étude) une indemnité de 1,2 MF versés par une compagnie d'assurance à la suite du sinistre d'un immeuble appartenant à cette succession.

     

    La deuxième hypothèse concerne le projet d'association de maître Flauder avec un autre confrère pour augmenter l'activité de son étude. Or, elle était en concurrence directe avec l'étude de maître Thomas-Chevallier et de maître Person, dont les affaires subissaient les effets de la crise de la sidérurgie. «L'élimination d'un confrère affairiste ne pouvait qu'être profitable à Thomas-Chevallier», estiment les magistrats . La preuve, «les résultats de l'étude Person-Thomas-Chevallier ont augmenté en 1980 et 1981, après la mort de Flauder».

     

    Une semaine de procès ne seront pas de trop pour tenter d'élucider ce meurtre vieux de quinze ans. Après cinq ans de détention préventive, Arnaud Thomas-Chevallier, quant à lui, n'a jamais changé son système de défense: il nie tout en bloc.

     

    Roger TRINCA

     

    sources

    http://www.liberation.fr/france/0101135732-un-notaire-de-longwy-juge-pour-le-meurtre-d-un-confrere-il-y-a-quinze-ans

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Date de réalisation : 5 Novembre 2003 Durée du programme : 80 mns Classification Dewey : Détection du crime (enquêtes criminelles)

    Pour apprécier ces vidéos - cliquer sur le logo de RADIONOMY le fond musical sera supprimé

      

      

    La pratique de l'enquête criminelle à Paris

    L'exposé comprendra trois grandes parties. La première partie aura pour but de présenter l'organisation de la police et de la gendarmerie en France, d'abord, de la police judiciaire, ensuite, et de la brigade criminelle, enfin. Dans une seconde partie, seront décrits les cadres dans lesquels et à partir desquels une enquête est menée. On reviendra sur le code pénal, sur l'action de la police judiciaire, sur les autorités de police judiciaire, sur la manière donc se passent les saisies, sur les raisons pour lesquelles les juges d'instruction interviennent dans certaines enquêtes et non dans d'autres, etc...

    Ces éléments permettent de comprendre le travail quotidien de la police, et la pratique de l'enquête, qui seront l'objet de la troisième partie. Cette partie racontera une enquête sur Paris, la manière dont elle est conduite (déplacement, constatation, enquête de voisinage, rôle des informateurs, enquête chronologique, etc.). Des données statistiques sur le nombre des homicides à Paris et en France seront fournies.

    Enfin, il sera fait mention des deux « outils » qui ont récemment permis d'aider les enquêteurs, d'une part le fichier national d'empreintes génétiques, et d'autre part le SALVAC (Système d'Analyse des Liens de la Violence Associée au Crime), cellule de veille, alors qu'il n'y a pas en France de service d'enquête national pour les homicides, permet de rapprocher les données sur tout le territoire français.

     

    sources

    http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/la_pratique_de_l_enquete_criminelle_a_paris.1371

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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