• Affaire du Docteur BAUD ( non élucidé )

     

     

     

     

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    Synopsis :

    Le 13 mai, vers 23h35, le neurologue Patrice Baud quitte son cabinet médical de Nemours quand il est atteint d'une décharge de fusil de chasse. Le tueur s'approche et l'achève d'un second tir dans l'abdomen. Le docteur Baud s'écroule sur le trottoir. De nombreux habitants de la rue sont témoins du crime et sont capables de décrire le tueur. L'un d'entre eux recueille les dernières paroles de la victime : «veste marron... je l'ai déjà vu... je l'ai déjà vu». Comment expliquer ce meurtre de sang froid ? Faut-il chercher dans la vie privée du praticien, père de cinq enfants ? Peut-il s'agir d'une rivalité professionnelle ou bien faut-il s'intéresser à ses patients ? Retour sur cette affaire, qui a donné du fil à retordre à la police.

      

    Un crime «qui meurt doucement sous la pile»  

      

    Par AUBENAS Florence

    Libération

    C'est le genre de crime qu'un policier pense honnêtement pouvoir résoudre en une semaine. Patrice Baud était un neurologue de renom, qui vivait avec sa femme et ses cinq enfants dans un charmant village en forêt de Fontainebleau. Vers 23 h 30, alors qu'il sortait de son cabinet, rue Hedelin à Nemours (Seine-et-Marne), il a été tué à coups de fusil de chasse.

    Tout de suite, deux témoins se présentent à la police. C'est un bon début. Il y a d'abord ce garçon, qui sort de chez sa fiancée après le match à la télé. La rue Hedelin est déserte cette nuit-là, comme toujours. Le garçon est attiré par l'éclat argenté d'un DVD dans une poubelle. Il s'approche quand soudain, dans l'ombre d'un porche, il aperçoit un homme. Celui là ne semble pas le voir. Ses yeux sont rivés sur une fenêtre, la seule éclairée, celle du docteur Baud. Le garçon recule : il racontera que l'homme dégageait une telle violence qu'il prend peur. Le garçon n'a pas fait deux cents mètres qu'il entend un coup de feu, un cri, puis une deuxième détonation.

    Sans se cacher. Plus haut dans la rue, une mère de famille et son fils ont entendu les tirs. Ils sont à l'étage. Elle, sur le lit à fumer ; lui, devant l'Internet. Ils se précipitent à la cuisine dont la fenêtre donne sur la rue. Le fils veut sortir, la mère lui interdit. A ce moment-là, de l'autre côté de la vitre, entre les rideaux retroussés et les pots de fleurs, apparaît l'homme, un fusil sous le bras. Il marche sans se cacher, avec l'allure paisible de celui qui vient d'accomplir sa tâche.

      

      

    Rien n'a été volé au docteur Baud, ni argent ni dossier. Le comportement de l'assassin ne ressemble pas à celui d'un homme de main, «un petit crapaud avec une cagoule qui tire une rafale de 20 et s'enfuit en scooter», résume un enquêteur.

      

    Autrement dit, un lien existe sans doute entre la victime et le tueur. Une description est établie : «Type européen, 45 à 55 ans, corpulent, 1m70 environ, cheveux bruns fournis.» Un policier explique : «On est confiant, on en a pour dix jours maxi.» C'était le 13 mai 2003. Trois ans plus tard, l'assassinat du docteur Baud reste un mystère.

    Quand le capitaine Laurent Duchatel est nommé chef de groupe à Versailles, voilà quelques mois, il découvre le dossier «qui meurt doucement sous la pile». Il trouve que «c'est un super boulot pour un flic, une véritable énigme criminelle». Duchatel a 40 ans, une énergie communicative. Avec la juge d'instruction ­ la quatrième en trois ans ­, ils décident de «relancer l'enquête». Qui n'a jamais entendu ce genre de réplique dans un feuilleton policier, où des flics intrépides résolvent des affaires oubliées en une heure ?

    Ici, il faut repartir à zéro. Soit Patrice Baud, 46 ans, pianiste de talent, passionné d'Irlande, brillant neurologue. Au début de son mariage, il a commencé à Paris, dans le XVIe, avec pour clientes «des amies de ma mère et de la sienne, surtout des migraines postménopause», dit Nathalie, sa femme. Un collègue se souvient qu'il s'ennuyait.

    Baud ouvre un cabinet à Nemours, un centre antidouleur à l'hôpital, des consultations à Montargis, travaille à la fondation Rothschild, à l'agence du médicament, pour un laboratoire. Le docteur Baud ne s'ennuie plus.

     

    Sa dernière journée ressemble aux autres : une course contre la montre. Ses patients l'attendent parfois des heures dans leur voiture, parce que Baud n'a pas d'assistante. Ils s'y sont habitués. Un détail pourtant diffère ce jour-là : cet homme en colère qui apparaît sans cesse puis s'en va, sans avoir vu le docteur. A l'hôpital, le matin, il a fait un scandale ; l'après-midi, il a surgi à nouveau dans le cabinet rue Hedelin ; vers 20 heures, la femme de ménage le croise, hors de lui. Le docteur Baud est à côté dans son cabinet. Sait-il que quelqu'un le cherche ?

      

    Quand le dernier patient s'en va vers 21 h 30, il termine sa déclaration d'impôt, téléphone. Aucun de ses interlocuteurs ne le sent inquiet. «On a parlé boulot», se souvient un collègue. Baud éteint son ordinateur à 23 h 20. Dix minutes plus tard, la première balle l'atteint dans le dos. A l'hôpital, le docteur fait son propre diagnostic : «Je vais mourir, sinon je serai tétraplégique.»

    «Drôle de rapport». Qui voulait tuer le docteur Baud ? La piste d'un différend avec un entrepreneur a tourné court. Quand le SRPJ trouve deux préservatifs dans la poche du médecin, on cherche longtemps un mari jaloux. En vain. Une rivalité de médecins ? Nathalie Baud a parfois penché pour ces hypothèses. Jean-Baptiste Thiebaut, de la fondation Rothschild, soutient que «les médecins se tuent autrement».

      

    Lui verrait plutôt le geste d'un patient. «Certains nous font des procès mais continuent à venir en consultation. Il peut y avoir un drôle de rapport au médecin.» Un collègue de Baud renchérit : «Un homme en suractivité comme Patrice fait forcément des bourdes, sans même le savoir.» Trois mille cinq cents malades ont été répertoriés et la liste n'est pas exhaustive. «Patrice avait une mémoire phénoménale : il ne notait pas tout», dit sa femme. Le 13 mai 2003, l'homme en colère n'est sur aucun carnet de rendez-vous.

      

    Est-ce le même que celui décrit par les deux témoins ? Au SRPJ, plus de 500 procès-verbaux se sont accumulés. «Plein d'éléments, mais auquel il manque toujours le petit truc qui ferait décoller le dossier», dit Duchatel.Trois ans plus tard, à Nemours, il arpente la scène de crime, rue Hedelin. «Ce n'est pas mirobolant.» Dans le dossier, «beaucoup de pistes ont été ouvertes, mais aucune n'a été fermée. On a travaillé sans fil conducteur». Duchatel a fait plonger des hommes grenouilles dans le Loing, qui coule derrière la rue Hedelin, au cas où, des années plus tard, on retrouvait le fusil de chasse. C'est non.

     

    «Dans ces dossiers, il y a un problème de motivation et sans doute aussi une petite dose d'affectif», dit Duchatel. Les acteurs du dossier commencent à être réinterrogés. C'est long. Certains râlent. A l'époque, la mère de famille de la rue Hedelin était allée à l'enterrement. «Je m'étais mise au fond, avec des lunettes de soleil, à zieuter tout le monde.» Elle n'a pas reconnu l'homme au fusil. Puis n'a plus entendu parler de l'affaire : «Je pensais que c'était résolu.»

    Appel à témoins : 0 800 33 60 98 (gratuit).

     

      http://www.liberation.fr/societe/010153802-un-crime-qui-meurt-doucement-sous-la-pile

     

      

     

     

     

     

     

     

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