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    Le docteur Petiot
    Le docteur Petiot - DR

     

    Marcel André Henri Félix Petiot, dit le docteur Petiot est un médecin qui a défrayé la chronique à la fin de la 2eme guerre mondiale.

     

    On a découvert en 1944 à son domicile les restes de 27 personnes.

     

    Guillotiné le 25 mai 1946 à Paris, le docteur Petiot n’a exprimé aucun remord. Sa dernière phrase ayant été :

    «ça ne va pas être beau à voir».

     

    Retour sur la vie d’un homme diabolique.

     

    Marcel André Henri Félix Petiot est né le 17 janvier 1897 à Auxerre d’un père fonctionnaire des postes et d’une mère souffrant de pathologies psychiatriques.

    Cet enfant est assez complexe.

    Il a beau être très intelligent, et lire à 5 ans, comme un enfant de10 ans, il n’en reste pas moins troublant et effrayant.

     

    On raconte qu’il étranglait les chats après leur avoir brûlé les pattes à l’eau bouillante.

    Sa scolarité est aussi truffée d’accidents violents: à 8 ans, il est attrapé distribuant des images obscènes à ses camarades.

     

    A 11 ans, il tire un coup de feu en classe d’histoire

    avec le revolver de son père.

     

    C’est pourquoi après avoir été renvoyé à 2 reprises, il décide de finir ses études seul chez lui et passe son bac avec succès.

    Parallèlement, sa mère est internée à Sainte-Anne pour troubles psychiatriques.

    Elle n’en sortira jamais puisqu’elle décède lorsque Marcel a 12 ans.

     

    A 17 ans, Marcel Petiot est arrêté pour vol.

     

    Reçu par des psychiatres, il est jugé bipolaire et socialement inadapté.

    On parle même de pathologie héréditaire.

    Résultat, il n’est pas apte à être jugé, et ne sera donc jamais condamné pour ce vol.

    On est en 1916. Marcel Petiot a 19 ans lorsqu’il s’engage au 98e régiment d’infanterie.

     

    Les combats de la Première Guerre Mondiale, il n’en fera pas beaucoup puisqu’il est blessé au pied 6 mois après son enrôlement.

     

     

    p^rocès de Marcel Petiot

    Durant sa convalescence, on l’accuse d’avoir volé des couvertures à l’hôpital. Résultat, il est enfermé à la prison militaire d’Orléans.

     

    Il n’y restera pas longtemps puisqu’à la suite de ses conversations avec les psychiatres, il est diagnostiqué neurasthénique, déséquilibré mental, dépressif paranoïaque et phobique.

     

    Il atterrit donc dans le service psychiatrique de l’hôpital de Fleury-les-Aubrais.

    Mais l’armée, qui manque de soldats, le renvoie au front en 1918.

     

    Il y restera encore moins longtemps que la 1ere fois, se tirant une balle dans le pied, suite à une grave dépression.

     

    L’armée décide donc de le réformer pour troubles psychiatriques.

     

    Contrairement à toute attente, Marcel Petiot n’est pas dirigé vers un asile pour aliénés, il utilise sa médaille d’ancien combattant pour faciliter son entrée en médecine.

     

    Et au lieu d’être interné, Marcel devient le docteur Petiot le 15 décembre 1921, date de l’obtention de son diplôme de médecine, qu’il a réussi à décrocher avec la mention très bien. 

     

     

    1922. Villeneuve-sur-Yonne. Marcel Petiot ouvre son 1er cabinet médical. Il se fait de la publicité en dénigrant les 2 autres médecins, au prétexte que son âge et son diplôme fraîchement en poche sont un atout pour soigner les maladies modernes.

     

    Sa popularité s’accroît rapidement dans la région. Il est le médecin qui offre des consultations et des vaccinations gratuites aux personnes sans le sou. Malheureusement, sa popularité est entachée par sa nette tendance à la cleptomanie et on découvrira par la suite qu’il inscrivait ses patients à l’assistance médicale pour toucher leurs prestations….

    C’est 4 ans plus tard que la population découvre sa liaison avec Louise Daveleau, la fille d’une de ses patientes. Cela fait grand bruit. Mais c’est l’incendie de la maison de celle-ci et sa disparition, qui feront scandale. On retrouve le corps d’une jeune femme dans une valise au fond de la rivière. Mais le corps est en état de décomposition avancé. Il n’est donc pas identifiable.

     

    La valise, elle, ressemble à celle que le docteur Petiot emmène avec lui lors de ses déplacements. Mais la police ne fait pas le rapprochement, et Marcel Petiot n’est pas inquiété.

     

     

    Il continue à faire son petit bonhomme de chemin, en épousant Georgette Lablais, la fille d’un riche charcutier d’Auxerre.

     

    Le docteur Petiot
    Le docteur Petiot- DR

     

    Il se lance aussi en politique et devient maire de Villeneuve-sur-Yonne en juillet 1926. Mais son accession au mandat est controversée.

     

    D’autant qu’il est vite cité à comparaître pour plusieurs délits tels que: détournements de fonds, vol de biens publics, fausses déclarations à l’assurance maladie…. Il sera déchu de sa fonction de maire en 1931, mais gardera celle de conseiller général qu’il a remporté en 1928.

     

    Les procès recommencent et il sera privé de tout mandat électif en 1934.

    Pendant ce temps, les rumeurs courent à son sujet.

     

    En mars 1930, Mme Debauwe, gérante de la coopérative laitière de Villeneuve-sur-Yonne est retrouvée calcinée.

     

    Elle a été assassinée à coups de marteau.

     

    Et on a mis le feu à sa laiterie. Certains pensent que Marcel Petiot entretenait une liaison avec cette femme, et un dénommé Frascot affirme l’avoir vu traînant près de la laiterie le soir de l’incendie.

     

    Le docteur est soupçonné. Mais ce dénommé Frascot décède brusquement en sortant de chez le médecin.

     

    Un anévrisme raconte le certificat de décès.

    Certificat signé

    par…Marcel Petiot!

     

    Plus de témoin, plus de preuve, et donc Petiot est à nouveau libre comme l’air. Mais toutes ces affaires lui collent à la peau, il décide donc de quitter Villeneuve-sur-Yonne et de gagner Paris.

     

    On est en 1933.

     

    I

    «Vous êtes prié de bien vouloir noter que le cabinet médical, tenu précédemment au premier étage, 66, rue Caumartin, sera désormais occupé par le Dr Marcel Petiot, diplômé de la Faculté de Médecine de Paris en 1921, Conseiller général de l’Yonne, ex-interne de l’hôpital, directeur de clinique, médecin-chef de l’Office médical de la Seine.

     


    Ce cabinet, en plein centre de Paris, vous offre toutes facilités d’accès (autobus, métro: stations Saint-Lazare et Caumartin).

     


    Il comporte les matériels des plus modernes et des plus perfectionnés, avec rayons X, UV, UR, et radiothérapie superficielle ou même profonde, laboratoire de galvanisation, ionisation, ergothérapie, diathérapie (toutes fréquences, ondes courtes à grande puissance, fièvre artificielle, bistouris électriques, outillage chirurgical, œnothérapie, aérothérapie, etc.).

     


    Le docteur Petiot fut le promoteur en 1921-1923 d’une technique parvenant à supprimer complètement les douleurs dans les accouchements, sans anesthésie générale ou régionale et sans instrument dangereux.

     

    Cette méthode permet la suppression de la douleur dans les affections les plus pénibles (sciatique, rhumatisme, névralgie, zona, névrite, ulcération, cancer).


    Auteur d’ouvrages originaux sur les maladies nerveuses et leurs traitements modernes (spécialement des affections à crises périodiques et cures de désintoxication).

     


    Créateur, avec un physicien connu, d’un matériel et d’une technique permettant la guérison de toute tumeur non généralisée ou affectant des organes vitaux (ganglions externes ou internes, loupes, lipomes, polypes, végétations, verrues, taches rouges, goitres, déformations, tatouages, cicatrices, etc. et même fibromes et tumeurs malignes ou cancers, même profonds).

     


    Le docteur Petiot vous sera parfaitement reconnaissant de bien noter dans vos annuaires, son adresse:

     


    66, rue Caumartin Paris IXe, ainsi que son numéro de teléphone: PIG 7711».

     

    Petiot dans le box des accusés
    Petiot dans le box des accusés - DR

     

    Le succès ne se fait pas attendre et avec ses larges bénéfices,

    il acquiert 2 propriétés en province et un hôtel particulier à paris,

    rue Le Sueur.

    En 1936, Marcel Petiot se balade dans les allées de la librairie Gibert à Paris.

     

    Il est très intéressé par les livres, un peu trop même puisqu’il est pris en flagrant délit de vol à l’étalage.

     

    Il est conduit devant les juges, à qui il répond: «un génie ne s’encombre pas de basses choses matérielles».

     

    Au final, le génie qu’il pense être est reconnu aliéné mental et se retrouve interné à la Maison de Santé d’Ivry durant 7 mois.

    2 ans après, la Guerre éclate et la France se retrouve envahie par les allemands. 

     

    En mai 1941, Petiot et sa famille partent s’installer au 21 rue Le Sueur à Paris. Les travaux sont terminés, la cave est entièrement aménagée et le jardin clôturé. Petiot profite de l’occupation pour tenter le trafic de drogue.

     

    Il faut dire, pour Marcel Petiot tout est bon pour faire de l’argent.

     

    En 1942, la police allemande s’intéresse à son cas: il donne trop de morphine à ses patients.

     

    Mais le problème, c’est que les témoins disparaissent tous au fur et à mesure.

     

    En même temps, Petiot réalise rapidement qu’il peut gagner bien plus d’argent en créant un faux réseau de passeurs pour échapper aux nazis. Il peut remercier son voisin, Joachim Guschinow, un fourreur juif, qui lui a demandé s’il connaissait une astuce pour passer la frontière.

     

    Petiot y voit là une sacrée aubaine, qu’il saisit.

     

    Et le voilà chef du réseau d’évasion.

     

    Résultat, le 2 février 1942, Guschinow arrive avec tous ses diamants (d’une valeur de 2 millions de francs) au domicile de notre chef de réseau.

     

    On ne le reverra plus jamais. Guschinow est le 1er d’une longue liste.

    Après lui, c’est Jean-Marc Van Brever qui disparaît mystérieusement.

     

    Ce toxicomane avait dénoncé le docteur Petiot comme dealer de drogue. Après une visite chez celui-ci, il va se volatiliser.

     

    Tout comme Madame Khayt, une femme à qui Petiot a demandé d’être complice de ses trafics.

     

    Après s’être «fait la main», le docteur Petiot voit plus grand: devenir un faux passeur pour attirer les riches juifs voulant fuir la dictature nazie.

     

     

    C’est en juin 1942 que Marcel Petiot devient le «docteur Eugène» avec son réseau clandestin.

     

    Il promet à ses clients (de riches juifs, certes, mais aussi des malfrats ou des personnes persécutées par la Gestapo) de les emmener en Argentine.

     

     

    On ne sait pas avec exactitude comment il procédait. Mais tout porte à croire qu’ils leur demandaient de venir avec toute leur fortune au cabinet de la rue Le Sueur.

     

    Là, il leur injectait une dose mortelle de poison, leur faisant croire que c’était un vaccin. Puis, une fois les victimes assassinées, Pétiot les dépouillait avant de les découper, et de les brûler ou de les jeter dans la Seine.

    Il s’attaque aux personnes seules, et aux familles entières.

     

     

    Tous rentrent de nuit dans le cabinet, et aucun ne ressort.

     

    C’est ainsi que périrent les familles Braunberger, Kneller, Basch, Woolf, Stevens ou Anspach.

     

    Du côté des bandits aussi, Petiot a fait de nombreuses victimes.

     

    On peut citer François Albertini, dit le Corse, Joseph Réocreux dit Jo le boxeur, Claudia Chamoux dite Lulu, Annette Petit, Joseph Piéreschi, dit Zé, Adrien Estébétéguy, Paulette Grippay, dite la chinoise et Gisèle Rossmy.

     

    Le docteur Petiot pendant son procès
    Le docteur Petiot pendant son procès - DR

     

    Le réseau du docteur Eugène fonctionne donc à merveille.

     

    Et c’est ce qui dérange la Gestapo.

    Les services allemands décident de faire infiltrer le réseau du docteur Eugène, afin de le démanteler.

     

    En mai 1943, ils utilisent Yvan Dreyfus, un prisonnier, pour infiltrer le réseau. Ce qui a fonctionné, puisque Dreyfus fait partie de la longue liste des victimes de Petiot.

     

    C’est grâce à Beretta, une 2e taupe, que Petiot se fait arrêter… pour réseau clandestin.

     

    Il va être torturé pendant plus de 8 mois à la prison de Fresnes.

     

    Mais il ne lâchera rien.

     

    Il faut dire, la  Gestapo veut les noms des autres membres du réseau…membres qui n’existent pas.

     

    Il set donc finalement relâché faute de preuves.

    Arrivé rue Le Sueur, il décide de faire disparaître les preuves. 

     

    Le 9 mars 1944, les voisins de la rue Le Sueur n’en peuvent plus. Il y a une odeur immonde qui sort de la cheminée du docteur Petiot.

     

     



    La macabre découverte d'une maison emplie de restes
    humains lança la police sur la trace de l'un des plus
    étranges criminels de ce siècle, qui parviendrait
    longtemps à échapper à la traque.

     

    Ils font appel aux pompiers, qui entrent avec fracas dans l’immeuble vide.

     

    En suivant l’odeur nauséabonde, ils descendent à la cave et découvrent avec effroi le terrible spectacle: des corps dépecés, un tas immense de cheveux, et des membres humains en train de brûler.

     

    Les hommes du feu appellent donc la police, qui fouille les lieux.

     

    Et là, les forces de l’ordre vont découvrir l’impensable.!!

     

    Au 21 rue Le sueur, la cave en fait vomir plus d’un.

     

    Elle est complètement aménagée, avec une chambre à gaz munie de judas pour regarder l’agonie des victimes, un puits de chaux vive et même un genre de vestiaire où s’entassent les malles, valises et affaires personnelles des victimes.

     

    Fouilles rue Le Sueur
    Fouilles rue Le Sueur - DR

     

    Les versions divergent pour la scène qui doit suivre.

     

    Certains disent que Petiot est arrivé chez lui à ce moment-là, qu’il s’est fait passer pour son frère, et s’éclipse pour aller chercher le «vrai» Marcel Petiot. 

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    D’autres racontent qu’il était sur place et qu’il a expliqué aux policiers qu’il faisait partie de la Résistance, qu’il avait été arrêté quelques mois avant par la Gestapo, et que les corps découpés appartenaient à des nazis.

     

     

    LE   VRAI   MAIGRET ?


      Le commissaire Georges Massu avait trente-trois ans
    d'ancienneté dans la police lorsqu'il fut chargé de l'affaire Petiot. Avec 3 257 arrestations à son actif, il venait d'être promu à la tête de la Brigade Criminelle de la Police judiciaire.
     

    Dix années auparavant, Massu s'était lié d'amitié avec un jeune écrivain belge du nom de Georges Simenon, qui était à la recherche de contacts et de renseignem-ents afin de doter ses romans policiers d'une toile de fond réaliste.
     

     

    Fasciné par l'expérience du policier, ainsi que par sa compréhension instinctive des milieux criminels de la capitale française, Simenon accompagna Massu lors de certaines de ses enquêtes.


      Après la guerre, Simenon connut le succès que l'on sait, notamment au travers du fameux Maigret. Pour tous ceux qui connaissaient Massu, il ne fit aucun doute qu'il avait inspiré la création du célèbre commissaire fumeur de pipe, tel qu'il fut représenté dans de nombreux romans et feuilletons télévisés.

     

     


    La nouvelle des activités de Petiot était si sensationnelle qu'elle attira la foule devant son domicile du 66, rue Caumartin ( ci-dessus ). Le scandale permit d'oublier un temps l'occupation allemande.

     

    C’est à partir de là que s’engage une véritable course poursuite entre les forces de police de la fin de la guerre, et le docteur Petiot.

    Il s’engage dans les forces françaises de l’intérieur (les FFI) et prend le surnom de «Valéry».

     

    Personne ne sait autour de lui à la caserne de Reuilly, les atrocités qu’il a commises.

     

    Afficher l'image d'origine

    Ce n’est que quelques mois plus tard qu’il sera arrêté, le 31 octobre 1944, plus précisément, après avoir demandé un droit de réponse dans un journal.

     

    En effet, sa soif de gloire n’a pas vraiment aimé l’article

    «Petiot, petit soldat du Reich».

     

    C’est en demandant un doit de réponse au journal Résistance qu’il a été confondu.

     

    Guillotine
    La guillotine se prépare pour le Dr Petiot - DR

     procès du docteur Petiot

    Arrestation de Marcel Petiot, par des agents de la DGER

    (direction générale des études et recherches, services spéciaux du

    Gouvernement provisoire du général de Gaulle).

    Rapport

    J'ai l'honneur de vous rendre compte, que j'ai procédé ce matin, à 10h, 45 dans la station de métro Saint-Mandé-Tourelles, à l'arrestation du nommé Petiot, Marcel-André-Henri-Félix, né à Auxerre (Yonne) le 17 janvier 1897, fils de feu Félix et de Marthe Bourdon, précédemment domicilié à Paris, 66 rue de Caumartin, où il exerçait la profession de docteur en médecine.


    J'étais accompagné des sous-lieutenants Surville, Vian, assisté du sous-lieutenant Gabrielli, du service du colonel de Besse.
    Fouillé à corps, Petiot a été trouvé porteur d'un révolver 6,35 armé.

    Les papiers dont la désignation suit ont été trouvés sur lui :

    31 780 f.

    Une carte d'adhérent au Parti communiste.

    Une carte d'identité n° 0836, au nom de Valéri (1) Henri-Jean, délivrée par la commune de Villepinte (Seine-et-Oise).

    Une carte d'alimentation au nom de Bonnasseau Virgini, du XXème arrondissement.

    Une carte de membre de l'association France-URSS, n° 29097, au nom de Valéri.

    Un ordre de mission au nom de Valéri, délivrée par le capitaine Gray,
    et Warnier, 2ème bureau Police, 1er régiment de Paris, 19 septembre 1944 (Forces françaises de l'intérieur).

    Une carte d'identité de l'Armée française, au nom de Wetterwald, alias Valéri André.

    Une autorisation temporaire de circuler, au nom de Gilbert (demande adressée à la Préfecture de police).

    Une carte de tabac au nom de M. de Frutos Angelo, à Drancy.

    Un laissez-passer permanent au nom de Valéri, valable pour entrer et sortir de la caserne de Reuilly.

    Une attestation du colonel Bourgoin, commandant le dépôt Est, certifiant que le sous-lieutenant Wetterwald, capitaine FFI, était passé dans la commission de la révision des grades.

    Un ordre de réquisition en blanc émanant des FFI Île-de-France.

    Une carte d'identité d'officier FFI au nom de Valéri.

    Un passeport au nom de Cacheux René.

    Deux photographies du nommé Petiot.

    Une lettre en date du 22 octobre 1944 du commandant Raffy,

    chef du SR, caserne de Reuilly.

    Trente-trois papiers que j'ai numérotés de 1 à 33 inclus.

    Au cours de l'interrogatoire que nous avons fait subir à Petiot, ce dernier a déclaré avoir appartenu à divers mouvements de résistance et c'est à ce titre qu'il se déclarerait responsable de la mort de soixante-trois personnes.


    Il est actuellement sous le nom de capitaine Valéri, officier adjoint au commandant Raffy, chef du 2ème bureau du bataillon de dépôt du 1er régiment de marche, caserne de Reuilly.


    Petiot a déclaré, mais n'a pas voulu le confirmer dans sa déposition par écrit,

    que ses supérieurs étaient au courant de sa véritable identité.

    Selon les renseignements reçus de la Préfecture de police, il n'existe pas de mandat judiciaire contre Petiot .

    Paris, SAM (Service des Archives et du musée de la Préfecture de police

    [série J, affaire Petiot].

    CINQ DES VICTIMES DE PETIOT

    Joachim GUSCHINOW,
    fourreur juif
    Marthe KHAÏT,
    mère d'une patiente
    Joseph REOCREUX,
    proxénète et braqueur
    Margaret et René KNELLER,
    riches juifs français.

     

    ------------------------------------------------------

    Le procès du docteur Petiot s’ouvre le 18 mars 1946.

     

    Il est jugé pour 27 assassinats.

     

    Lui, en revendique 63.

     

    A ses yeux, tous des ennemis de la France, lui, le grand résistant, chef du réseau Fly-Tox.

     

    Avec ses connaissances pointues sur la résistance, il fait douter les juges, se disant que cette époque était terriblement trouble.

     

    Mais les noms d’Yvan Dreyfus ou du petit René Kneller suffisent à prouver que nombre des personnes tuées étaient purement et simplement innocentes.

    Lors de ce procès, une scène a été marquante.

     

    Cela se passe le jour de la reconstitution, rue Le Sueur. Personne n’avait bloqué l’immeuble, du coup de nombreuses personnes se baladaient, ça et là, au milieu de cette pièce, qui avait vu tant de personnes succomber face à l’acharnement de Petiot.

     

    Et lui était là, ravi de cette foule, riant et pimentant ses histoires….

    Mais le 4 avril à 00h10, il est reconnu coupable des 27 meurtres et se voit condamné à la peine de mort.

     

    Petiot guillotiné

    Le 25 mai 1946, à 5h05, le docteur Marcel Petiot déclare

     

    «Je suis un voyageur qui emporte ses bagages».

    «Ca ne va pas être beau», et le couperet tombe.

     

    • 17 janvier 1897 : naissance de Marcel André Henri Félix Petiot
    • 1916 : il part à la guerre (1ere guerre mondiale) et se blesse
    • 1918 : il retourne au front
    • 15 décembre 1921 : il réussit son diplôme de médecine
    • 1922 : il ouvre son cabinet à Villeneuve-sur-Yonne
    • 1926 : il a une liaison avec une femme dont la maison est brûlée et qui a disparu
    • juillet 1926 : il est élu maire
    • 1931 : il est révoqué de ses fonctions de maire
    • 1933 : il part s’installer à Paris et ouvre une clinique au 66 rue de Caumartin
    • 1934 : il est privé de tout mandat électif suite à de nombreuses affaires
    • 1936 : il est arrêté pour vol et échappe à la prison pour aliénation mentale. Il est donc interné
    • mai 1941 : il s’offre un hôtel particulier rue Le Sueur
    • 1943 : il créé un réseau pour aider les juifs et les malfrats à passer clandestinement en Argentine, mais en réalité il rabat ses prochaines victimes
    • 1943 : il est arrêté par les allemands pour meurtres mais il n’avouera pas, même sous la torture
    • 9 mars 1944 : la police découvre chez lui des restes humains mais pas de docteur Petiot
    • 31 octobre 1944 : il est arrêté par la police suite à une lettre publiée dans un journal
    • 18 mars 1946 : ouverture du procès du docteur Petiot
    • 4 avril 1946 : il est condamné à mort
    • 25 mai 1946 : le docteur Petiot est guillotiné

     

    SOURCES D.R.

     

     

     

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     Le docteur Petiot était un médecin français qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fut accusé de meurtres, après la découverte à son domicile parisien des restes de vingt-sept personnes..

     

     

     

     

    Docteur Petiot

     

    Le jour, Marcel Petiot soignait bénévolement les indigents en sa clinique de la rue Lesueur à Paris.

     

    La nuit, il gazait, dépeçait et brûlait des victimes de la Gestapo, espérant que « M. Eugène » les aiderait à gagner la zone libre ou l’Argentine.

     

    L’honorable médecin n’était qu’un tueur en série à qui la Seconde Guerre mondiale donna l’opportunité d’exprimer pleinement sa folie.

    Le 11 mars 1944, après que l’alerte fut donnée à cause de la fumée que sa cheminée évacuait, la police découvrit dans sa cave des corps prêts à être incinérés, 72 valises et 655 kg de souvenirs, dont le pyjama du petit René Kneller, disparu avec ses parents.

    Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, Marcel Petiot est le fils choyé d’un employé de la poste, auquel il donne vite du fil à retordre : l’enfant est connu pour massacrer les chats du quartier. Blessé au front en 1918, le jeune soldat Petiot est réformé en raison de troubles mentaux que l’on impute aux horreurs du conflit

     

    En 1921, il achève brillamment ses études de médecine (mention très bien) et s’installe au pays, à Villeneuve-sur-Yonne.

     

    C’est un bon docteur, que les pauvres consultent sans bourse délier. Il se dédommage auprès de sa riche clientèle :

     

    kleptomane, il la déleste de ses effets personnels lors des visites domiciliaires. En 1927, la vie lui sourit, il est élu maire et convole en justes noces.

     

    Cinq ans et une ribambelle de vols plus tard, c’est l’infamie.

     

    Condamné, révoqué par le conseil municipal, le Dr Petiot est contraint de quitter l’Yonne.

     

     

    A Paris, il ouvre un cabinet dans le IXe arrondissement et multiplie les larcins. Il échappe à la prison, pas à l’asile : l’internement dure quatre ans. En 1941, il achète un hôtel particulier au 21, de la rue Lesueur, dans le XVIe, qu’il transforme en clinique.

     

    Il rénove aussi sa cave, consolide le puits existant, fait installer une imposante chaudière, un large évier.

     

    Marcel Petiot est fin prêt à recevoir…

     

     

    Au cours de l’année 1943, de 20 heures à l’aube, il devient « M. Eugène », spécialisé dans l’aide aux Juifs que pourchasse la Gestapo. Dès la nuit tombée, l’homme dévoué qui ne craint pas les représailles ouvre sa porte aux candidats à la fuite vers la zone libre et l’étranger.

     

    Il est réputé avoir « passé » en Argentine quantité d’« indésirables ». Jamais l’un d’eux ne se manifesta par la suite pour témoigner que « M. Eugène » favorisa effectivement sa fuite. Le voyage des malheureux s’est achevé dans le puits de chaux vive ou les tuyaux du calorifère, 21, rue Lesueur.

     

     

    Lorsque, samedi 11 mars 1944, un voisin s’inquiète de l’odeur nauséabonde et de l’épais nuage noir qui s’échappent de la cheminée, il prévient pompiers et policiers.

     

    Pas trace du propriétaire mais, au sous-sol, plusieurs corps dépecés en attente de combustion, des valises, bijoux, vêtements, bibelots, jouets, tout ce que parents et enfants contraints à l’expatriation voulaient emporter, 655 kg de « souvenirs », dira Petiot à son procès.

     

    Pour l’instant, il a disparu.

     

    Lors des perquisitions, la police met au jour un ossuaire, un puits rempli de chaux et une chambre à gaz dont la porte est équipée d’un judas qui permet d’assister à l’agonie des victimes. Sur l’égouttoir de l’évier, des résidus de chair humaine…

    Tandis que la France découvre l’ampleur de la folie du docteur Petiot, celui-ci se cache parmi les vaillants des FFI (Forces françaises de l’intérieur). Il est devenu le « capitaine Valéry ». Mardi 31 octobre 1944, il est enfin confondu.

     

    Accusé de vingt-sept assassinats, il en revendiquera soixante-trois à son procès en 1946.

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    Le médecin précisera cependant que ses « proies » n’étaient

    que des collaborateurs et des Allemands. !!

     

    La cour ne l’a pas cru et l’a envoyé à l’échafaud.

     


     

    L’affaire Petiot choqua tant le monde entier que, durant une décennie au moins, elle alimenta la chronique.

     

     

    En 1957, France-Soir la déclina en bande dessinée, quatre planches par jour relatant toute l’histoire, du voisin à sa fenêtre, alerté par l’inquiétante fumée, jusqu’à la tête coupée du bon docteur.

     

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    L’avocat général rapporta que, mené à la guillotine, le médecin s’exclama : « Ah, ça ne va pas être beau ! » Mais avant cet épisode, il y eut le procès dont l’Institut national de l’audiovisuel a conservé de saisissantes séquences (www.ina.fr).

      

    Le sinistre Marcel Petiot se présente à la cour d’assises en complet et nœud papillon, paraissant aussi à l’aise que s’il présidait un colloque sur l’art de bien disséquer.

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    Provocateur et arrogant, il est tout sourire lorsque, menant magistrats, badauds et journalistes en sa clinique, il les invite à un macabre tour du propriétaire, leur expliquant comment il gazait, découpait et calcinait ses visiteurs du soir.

     

    Durant le mois de débats, il répète inlassablement que ceux-ci n’étaient que collabos ou nazis.

     

    Somme toute, il est un patriote, résistant à sa manière.

     

    Le 25 mai 1946, il eut la tête tranchée.

     


    “Le médecin sortait d’un asile d’aliénés”

     

     

    Les troubles psychiques de Marcel Petiot se manifestèrent dès l’enfance par une exceptionnelle cruauté envers les animaux.

     

    Démobilisé en 1918, il est interné et diagnostiqué neurasthénique. C’est en 1936 seulement que ses pairs prennent la mesure de la maladie mentale du Dr Petiot, alors âgé de 39 ans.

     

    Enfermé dans la maison de santé d’Ivry, un asile alors réputé, il en sort « guéri » quatre ans plus tard.

     

    A son procès, sous l’œil goguenard du patient, ses psychiatres regretteront de s’être fait berner.

     


    “Je suis un voyageur qui emporte ses bagages”

    Me René Floriot plaida durant six heures pour sauver Petiot de la peine capitale. En vain.

     

    Le 25 mai 1946, un gardien de la prison de la Santé le réveille pour le mener à l’échafaud.

     

    « Tu me fais chier », lui rétorque le condamné. Alors qu’il se tient devant la guillotine, l’avocat général lui demande s’il a quelque chose à déclarer. « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ! » répond-il. Donc ses secrets. Son histoire inspirera treize écrivains et Michel Serrault l’incarnera à l’écran.

     

    (Docteur Petiot, cinéma Michel Serrault)

     

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    (colonne de gauche, en bas) le fond musical du blog sera supprimé.

     

    sources : http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/grands-crimes-du-xxe-siecle-docteur-petiot-41284.html

     

     

    Marcel Petiot , le "bon docteur"

     

     

     

    Il fut surnommé le Vampire de l'Etoile, le Boucher de Paris, le Cuisiner du Diable, ou l'Ange de la Mort parmi tant d'autres et fit couler beaucoup d'encre . Les psychiatres le disaient déséquilibré, pervers, fugueur, dissimulateur, menteur, un individu sans scrupules dépourvu de tout sens moral. Intelligent, il avait un sens de l'humour très développé, mais noir et morbide, et deux visages :

      

    le "bon docteur" qui soignait gratuitement les pauvres ,les enfants maladeset les indigents en sa clinique de la rue Lesueur à Paris ; et l'assassin sans pitié qui attirait dans ses filets les victimes des persécutions nazies, juifs ou resistants, les gangsters en fuite mais aussi des personnes qui le gênaient ou le menaçaient.

     

    La nuit, il gazait, dépeçait et brûlait des victimes de la Gestapo, espérant que « M. Eugène » les aiderait à gagner la zone libre ou l’Argentine. L’honorable médecin n’était qu’un tueur en série à qui la Seconde Guerre mondiale donna l’opportunité d’exprimer pleinement sa folie.

     

    Le 11 mars 1944, après que l’alerte fut donnée à cause de la fumée que sa cheminée évacuait, la police découvrit dans sa cave des corps prêts à être incinérés, 72 valises et 655 kg de souvenirs, dont le pyjama du petit René Kneller, disparu avec ses parents. Marcel Petiot , le célèbre "Docteur Petiot" fut condamné à mort et exécuté à Paris en 1946.

     
     
     
    Voici le parcours d'un monstre particulièrement détestable car sans morale.
     
    Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, Marcel Petiot est le fils choyé d’un employé de la poste, auquel il donne vite du fil à retordre :
     
     
    l’enfant est connu pour massacrer les chats du quartier.
     
    En 1916, Marcel s’engage au 98e R.I..
      
    La guerre, pour lui, sera vite un lointain souvenir : légèrement blessé au pied, il est examiné par des psychiatres lors de sa convalescence qui le déclarent mentalement déséquilibré et enfin le réforment..
     
     
    Déséquilibre que l’on impute aux horreurs du conflit.
     
      
    En 1921, il achève brillamment ses études de médecine (mention très bien) et s’installe au pays, à Villeneuve-sur-Yonne.
      
    C’est un bon docteur, que les pauvres consultent sans bourse délier. Il se dédommage auprès de sa riche clientèle :
     
     
     
    kleptomane, il la déleste de ses effets personnels lors des visites domiciliaires.
     
     
    En 1926, la jeune bonne de Petiot, Louise, déclare, un peu trop fort, être enceinte des œuvres de son employeur.
      
    Curieusement, la jeune Louise disparaît…
     
     
    Quelques bruits courent, on découvre aussi d’étranges disparitions d’argent ou d’objets précieux après les visites du docteur, mais c’est insuffisant pour ébranler les consciences.
     
    En 1927, la vie lui sourit, il est élu maire et se marie. Cinq ans et une ribambelle de vols plus tard, c’est l’infamie.
     
     
    En mars 1930, la police découvre le corps à moitié calciné de Madame Debauwe, gérante de la coopérative laitière de Villeneuve-sur-Yonne.
      
    Elle a été achevée à coups de marteau et la laiterie a été incendiée. La veille, elle avait encaissé la somme de deux cent quatre-vingt mille francs…
     
    Les rumeurs persistent.
     
     
    On insinue qu’elle était la maîtresse du docteur Petiot et un certain Frascot affirme même l’avoir vu rôder vers la laiterie peu avant le début de l’incendie.
     
     
    Petiot est bien soupçonné… mais seulement soupçonné.
     
    Les preuves manquent et le témoin meurt, fort opportunément, il faut le reconnaître.
     
    Frascot sortait d’ailleurs d’une visite chez le médecin quand il a été foudroyé par une crise cardiaque.
     
     
    C’est du moins ce qui est inscrit sur le permis d’inhumer signé par ce même médecin… c’est-à-dire Marcel Petiot !
      
    Ces indices sont insuffisants pour la police mais la population, elle, ne tarde pas à réagir :
     
    Petiot, qui vient aussi d’être condamné pour vol d’électricité, est révoqué de ses fonctions de maire.
     
     
     
     
    Les rumeurs persistantes le poussent à abandonner aussi son cabinet. Condamné, révoqué par le conseil municipal, le Dr Petiot est contraint de quitter l’Yonne.
     
    De 1933 à 1939, il ouvre un cabinet dans le IXe arrondissement et multiplie les larcins. le docteur Petiot
     
    réussit, à Paris, à se constituer une autre clientèle importante tout en étant accusé plusieurs fois de pratiquer des avortements, de fournir de la drogue à des toxicomanes, de non-déclaration de revenus, de fabrication et d'usage de faux ; il blâme tous ces crimes sur le fait qu'il n'est pas un comptable ni un secrétaire, que son premier souci est de soigner des indigents et des indigents, il s'en présente dix, douze, vingt à tous ses procès prêts à témoigner sur sa grandeur d'âme et sa générosité.
     
    Il est condamné à quelques amendes et même à 15 jours de prison puis finalement confié à un hôpital psychiatrique pour «évaluation».
      
    L’internement dure quatre ans.
     
     
    En 1941, il achète un hôtel particulier au 21, de la rue Lesueur, dans le XVIe, qu’il transforme en clinique.
     
    Il rénove aussi sa cave, consolide le puits existant, fait installer une imposante chaudière, un large évier.
     
    Marcel Petiot est fin prêt à recevoir…
     
     
     
    Au cours de l’année 1943, de 20 heures à l’aube, il
    devient « M. Eugène », spécialisé dans l’aide aux Juifs que pourchasse la Gestapo.
     
     
    Dès la nuit tombée, l’homme dévoué qui ne craint pas les représailles ouvre sa porte aux candidats à la fuite vers la zone libre et l’étranger.
     
     
    Pour des sommes variant entre 25 000 et 100 000 francs, Petiot promettait aux clients qui lui étaient référés ou qu'ils recrutaient, de faux papiers, une nouvelle identité et une route sûre vers l'Argentine.
     
    Un voisin du médecin, Joachim Guschinow, un fourreur juif, confie à son cher ami Petiot qu’il aimerait quitter la France. Jamais plus il ne réapparaîtra…
     
     
    Quelques semaines après, Jean-Marc Van Brever, un toxicomane notoire qui avait dénoncé Petiot comme trafiquant de drogue, disparaît. Ensuite c’est le tour d’une Madame Khayt, qui avait refusé d’être impliquée dans une des « magouilles » de Petiot.
     
    À la même époque, disparaît Paul Braunberger, un médecin, suivi le mois suivant de la famille Kneller, le père, la mère et le petit René, âgé de huit ans à peine.
     
    En janvier 1943, Petiot lance les « tarifs de groupe » :
     
    quatre couples, les Basch, les Woolf, les Stevens et les Anspach « s’embarquent » à leur tour…
     
    À cette clientèle choisie, s’ajoutent quelques malfrats, heureux de se « mettre au vert » pour quelque temps. Parmi eux, François Albertini, dit le Corse ; Joseph Réocreux, dit aussi Jo le Boxeur, accompagné de ses deux « gagneuses ».
      
    Les "voyageurs" sont vaccinés contre les maladies exotiques, il serait en effet dommage d'attraper un virus mortel... en Argentine...
     
     
    Tout est pensé et étudié et les malheureux, recherchés par la gestapo, ne peuvent que se soumettre aux ordres de leur "sauveur"... L'affaire est rentable et les disparitions s'amplifient sans aucune réclamation des familles.
     
    Les clandestins sont éliminés par injection létale de poison, puis démembrés ou découpés.
     
     
     
    Il est réputé avoir « passé » quantité d’« indésirables ».
     
     
     
    Jamais l’un d’eux ne se manifesta par la suite pour témoigner que « M. Eugène » favorisa effectivement sa fuite. Le voyage des malheureux s’est achevé dans le puits de chaux vive ou les tuyaux du calorifère, 21, rue Lesueur.
     
      
      
    La Gestapo ayant eu vent de ce réseau qu'elle croyait être véritable tenta de l'infiltrer mais sans succès : ses agents-doubles disparaissaient au fur et à mesure qu'ils entraient en communication avec le docteur «Eugène» (faux-nom du docteur Petiot).
     
     
    En désespoir de cause, elle le fit arrêter en mai 1943 mais ne put en tirer quoi que ce soit, même sous la torture, Petiot ne pouvant naturellement pas dévoiler les noms des membres de son «réseau» puisqu'il n'y en avait aucun. - On le relâcha, faute de preuve quelques semaines plus tard.
     
      
      
    Lorsque, samedi 11 mars 1944, un voisin s’inquiète de l’odeur nauséabonde et de l’épais nuage noir qui s’échappent de la cheminée, il prévient pompiers et policiers.
     
    Pas trace du propriétaire mais, au sous-sol, plusieurs corps dépecés en attente de combustion, des valises, bijoux, vêtements, bibelots, jouets, tout ce que parents et enfants contraints à l’expatriation voulaient emporter, 655 kg de « souvenirs », dira Petiot à son procès.
     
    Pour l’instant, il a disparu.
      
     
      
    Lors des perquisitions, la police met au jour un ossuaire, un puits rempli de chaux et une chambre à gaz dont la porte est équipée d’un judas qui permet d’assister à l’agonie des victimes. Sur l’égouttoir de l’évier, des résidus de chair humaine…
      
     
      
    Tandis que la France découvre l’ampleur de la folie du docteur Petiot, celui-ci se cache parmi les vaillants des FFI (Forces françaises de l’intérieur). Il est devenu le « capitaine Valéry ». Le 31 octobre 1944, il fut arrêté dans une station de métro. Le capitaine Simonin arrête le capitaine Wetterwald, alias Valéry dans la Résistance, médecin-capitaine au 1er Bataillon.
      
    Sur lui, il avait 31 700 francs (une fortune), une cinquantaine de documents sous six noms différents et un revolver. Il est enfin confondu. Accusé de vingt-sept assassinats, il en revendiquera soixante-trois à son procès en 1946. Le médecin précisera cependant que ses « proies » n’étaient que des collaborateurs et des Allemands. La cour ne l’a pas cru et l’a envoyé à l’échafaud.
     
     
     
    L’affaire Petiot choqua tant le monde entier que, durant une décennie au moins, elle alimenta la chronique.
    L’avocat général rapporta que, mené à la guillotine, le médecin s’exclama : « Ah, ça ne va pas être beau ! » Mais avant cet épisode, il y eut le procès dont l’Institut national de l’audiovisuel a conservé de saisissantes séquences.
     
     
     
     
     
    Me Floriot plaida en vain durant six heures pour sauver Petiot de la peine capitale. En vain. Le 25 mai 1946, un gardien de la prison de la Santé le réveille pour le mener à l’échafaud. « Tu me fais chier », lui rétorque le condamné. Alors qu’il se tient devant la guillotine, l’avocat général lui demande s’il a quelque chose à déclarer. « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ! » répond-il. Donc ses secrets. Ses dernières paroles furent pour ses bourreaux, leur disant de ne pas regarder car «ce ne serait pas joli». Les témoins rapportent que ses lèvres esquissaient un sourire lorsque sa tête roula dans le panier.
    Michel Serrault l’incarnera magistralement à l'écran.

     

     

    (Procès Dr Petiot - images d'archives)

     

    sources :

    http://regardnoirpolars.blogspot.com/2010/06/marcel-petiot-le-bon-docteur.html

      

      

      

     

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