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    3 janvier 1978. Le baron Edouard-Jean Empain, héritier de la dynastie industrielle Empain-Schneider, est enlevé devant son domicile parisien, avenue Foche.

    Edouard Jean-Empain, baron richissime au physique de play-boy, a tout pour être heureux. A 41 ans, il est à la tête d'un empire colossal : pas moins de 300 sociétés, 150 000 employés et 22 milliards de chiffre d'affaire.

    Ce matin du 23 janvier 1978, il sort du parking de son immeuble. Soudain, sa voiture est stoppée par une fourgonnette dont surgissent des hommes armés et cagoulés. Le baron est enlevé. L'opération dure moins d'une minute. Une structure permanente de coordination est aussitôt mise sur pied au ministère de l'Intérieur. On met en place un très important dispositif policier. Les routes sont barrées, des fouilles sont pratiquées à chaque porte de Paris et aux frontières. En vain. Pendant ce temps-là, le baron Empain est face à ses ravisseurs. Leur motivation : l'argent. Il aura la vie sauve contre 80 millions de francs (plus de 12 millions d'euro). Une somme colossale. En attendant, bâillonné, menottes aux poignets, des chaînes autour du cou, il est enfermé sous une tente où il peut à peine tenir debout.

    Pour prouver leur détermination et faire pression sur sa famille, les ravisseurs l'amputent d'un doigt : l'auriculaire gauche, qu'ils envoient à sa femme. Après presque deux mois de détention et plusieurs tentatives de remise de rançon ratées, commence un long jeu de piste. Pendant plusieurs jours, un policier déguisé en "employé de bureau", la veste truffée de micros, sillonne Paris et sa banlieue, allant de message en relais et de relais en message. Il a avec lui deux sacs postaux pleins de coupures de papiers journaux !

    Le 24 mars 1978, le "faux-employé", reçoit l'ordre d'aller garer sa voiture à hauteur de la borne 13, sur l'autoroute A6. Et là, tout s'accélère. Deux hommes cagoulés, mitraillette à la main, surgissent de derrière un monticule, c'est la fusillade. Bilan : trois blessés, dont deux policiers, et un mort, Daniel Duchâteau, l'un des truands. Son complice est capturé blessé. Il est conduit à la crim' pour être cuisiné… Le lendemain, un homme maigre et hagard erre dans les rues de Paris. C'est le baron Empain, libéré suite à l'échec de la remise de rançon. Il découvre avec stupeur à l'issue de son cauchemar, qu'il est loin d'être le héros d'une aventure infernale, mais bel et bien la victime fragile et banalisée d'un fait-divers crapuleux.

    Sa vie privée dans tous ses détails, a été fouillée par la police et étalée devant le public par les médias. Le procès s'ouvre en décembre 1982. Après 16 jours de débats, la cour d'assises de Paris a infligé des peines sévères aux accusés, allant de 15 à 20 ans de réclusion criminelle pour les ravisseurs et de 2 à 5 ans pour leurs complices. Mais le dossier Empain garde sa part d'ombre. On ne connait toujours pas le commanditaire de l'enlèvement, ni le mobile exact du rapt.

      
      
    Intervenants dans cette émission :
    • Le Baron Edouard-Jean Empain
    • Pierre Ottavioli, patron de l'enquête, directeur de la Brigade criminelle
    • Commissaire Marcel Leclerc, ancien chef de la Brigade antigang
    • Commissaire Robert Broussard, ancien chef-adjoint de la Brigade antigang
    • Eric Yung, journaliste, ancien inspecteur de police à la Brigade antigang
    • Yvon Toussaint, journaliste, auteur du livre Les barons Empain

     

     

     http://documentaire-streaming.net/faites-entrer-l-accuse-saison-5a.html#038

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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