La piste de la mafia russe
Le 25 novembre 1995, Alexi revient sur ses aveux et déclare qu'il a agi sous l'emprise d'un homme en noir, s'exprimant en russe « venu tout spécialement » lui ordonner ce massacre. D'après ses dires, l'intrus cherchait un dossier rouge qu'il a finalement trouvé. Ce dossier portait l'inscription " 30 millions de dollars".Il maintient sa version le 26 juillet 1996 lors de la reconstitution organisée sur les lieux du drame. Ces déclarations sont un peu plus prises au sérieux en décembre 1996, lorsque le corps de Dimitri, le frère d'Eugène et son héritier, est découvert près de sa maison de Vitebesk, en Biélorussie. Il avait pris la succession d'Eugène à la tête de ses sociétés et détenait des documents importants sur ses multiples activités.Cependant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Versailles n'est toujours pas convaincue par ce récit qui est en totale contradiction avec les éléments de l'enquête.
Le procès
Le 4 mars 1998, le procès du jeune russe s'ouvre devant la cour d'assise des mineurs de Versailles. Compte tenu de son âge au moment des faits, ni le public ni les journalistes n'ont accès à la salle d'audience pendant la durée des débats.Au cours de l'audience deux thèses s'affrontent. D'un côté l'accusation se base sur les aveux initiaux d'Alexi et sur plusieurs éléments matériels à charge: ses empreintes, relevées sur les trois armes ; des traces de poudre sur ses doigts et un morceau de sa montre, endommagée en essayant d'enfoncer la porte de la chambre de ses grands-parents.La défense, quant à elle, s'appuie sur la version du complot organisé par la mafia russe à cause d'un conflit financier avec son père, Eugène. Cette thèse est accréditée par la mère d'Alexi, Raïssa, bibliothécaire à Moscou. Celle-ci évoque le parcours sulfureux de son ex-mari dans le monde des affaires en Russie. Elle raconte que l'industriel craignait pour sa sécurité et qu'il avait fait l'objet de plusieurs agressions à main armée à Moscou. C'est pourquoi il préférait séjourner en France.Malgré tout la juge reste néanmoins convaincue de la culpabilité du jeune homme et s'en tient à la première hypothèse.
"Demi-condamnation"
Au terme des dix jours de débat l'avocat général, Sylvie Lotteau, réclame de dix-huit à vingt ans de réclusion criminelle, la sanction maximale pour un mineur. Dans la nuit du 13 au 14 mars 1998, Alexi est condamné à huit ans de réclusion criminelle.Contre toute attente, la cour délivre un verdict "mitigé" comme si les jurés avaient eu un doute qui n'a toutefois pas entièrement profité à l'accusé.Par le jeu des réductions de peine, Alexi est libéré le 8 juillet 2000 après avoir passé un peu plus de cinq ans et demi derrière les barreaux.